INTRODUCTION
I. Objectif de l'étude :
Ce cours a pour objet l’étude des doctrines bibliques. En latin docrina de [docere] signifie enseigner. Une doctrine est l’ensemble des enseignements de la Bible sur un sujet. Par exemple la doctrine biblique de l’homme (l’Anthopologie) est établie en collectant toutes les informations qui se trouvent dans la Bible au sujet de l’homme. Ce sont des énoncés et des principes de vie permanents et incorruptibles (1 Pi. 1.23, 24).
Depuis la création du monde, Dieu s’est révélé aux hommes de différentes manières. La Bible est la révélation écrite, par laquelle nous pouvons connaître Dieu et sa volonté pour l’homme.
Elle contient les enseignements de Dieu sur sa personne, ses engagements, ses lois, ses jugements et son plan de salut pour les hommes. Toutes ces informations se trouvent dans l’Ancien et le Nouveau Testament : une fois rassemblées et classées, elles constituent la doctrine biblique.
II. Définition de la doctrine :
Le mot doctrine provient d’une racine verbale qui signifie enseigner. Son sens actuel est l’exposition des principes fondamentaux orientant la pensée et les actions des adeptes d’une religion, d’un parti ou d’un mouvement.
La doctrine biblique est la présentation systématique, logique et ordonnée des vérités contenues dans la Bible et révélées par Dieu aux hommes. Elles leur sont nécessaires en matière de foi et de conduite.
La doctrine définit donc ce que nous devons croire, car de ce que nous croyons découlent nos actions. C’est pourquoi elle doit donc être enseignée, crue et appliquée. Ceci est affirmé en 2 Tim. 3.16-17 : « Toute l’Ecriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et propre à toute bonne œuvre. » Par exemple dans la déclaration : « Jésus-Christ est Dieu, adorons-le ! », la première partie nous enseigne sur la personne de Jésus-Christ, et comme il est Dieu, par application, nous devons donc l’adorer.
II. Importance de l’étude de la doctrine :
A. Elle forge des convictions :
Tout pédagogue avisé appuie ses exigences sur des convictions pour obtenir l’adhésion de ses élèves. Dieu procède ainsi avec nous. En commençant par se faire connaître à l’homme, dans sa personne et ses œuvres (Rom. 1.19-20), il s’est révélé ensuite par sa Parole, offrant le Saint-Esprit à tous ceux qui croient en elle (Eph. 1.13), afin de les convaincre de péché, de justice et de jugement (Jn. 16.7-8).
Si nous recherchons l’enseignement de sa Parole, nous découvrirons toujours plus la grandeur et la profondeur de sa personne, l’immensité de son amour (Eph. 3.14-20). Nous comprendrons les bienfaits de sa Parole et nous accepterons d’autant mieux son plan de salut par Jésus-Christ, ainsi que ses corrections et ses instructions.
B. Elle permet de suivre le bon chemin :
L’apprentissage de la saine doctrine permet de quitter la voie de la perdition (Es. 53.6 ; Rom. 3.23), et de ne plus être trompé par ceux qui la refusent. Mieux connaître la Parole de Dieu conduira à l’amour de Dieu et du prochain qui sont les deux commandements résumant toute la Parole de Dieu (Mt. 22.37.34).
C. Elle est le fondement de notre foi :
La Bible est la référence absolue en matière de foi et de conduite. Car elle seule nous parle de Dieu, du péché de l’homme, de la condamnation éternelle, du plan rédempteur de Dieu et de la gloire éternelle réservée aux rachetés. C’est donc à partir de l’étude de la Parole de Dieu que nous établissons la doctrine, qui devient ensuite le fondement de notre foi. Sa connaissance est donc essentielle, si nous voulons obéir avec justesse à la volonté de Dieu et avoir une vie chrétienne consacrée. «Nous devons nous souvenir que la doctrine chrétienne est importante. Son utilité est double : elle consolide la foi et elle dévelope la vie spirituelle de l’individu.»
« Heureux l’homme… qui trouve son plaisir dans la loi de l’Eternel, et qui la médite jour et nuit ! Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, qui donne son fruit en sa saison, et dont le feuillage ne se flétrit point : Tout ce qu’il fait lui réussit. » (Ps. 1.1-3).
« Par tes ordonnances je deviens intelligent » (Ps. 119.104).
D. Elle est nécessaire à la croissance spirituelle :
L’apôtre Pierre encourage l’étude de la Parole, afin que le croyant puisse croître (1 Pi. 2.1-3). Le croyant ne doit pas rester « au lait», mais doit progressivement passer de l’enfant à l’adulte spirituel avec une alimentation solide (Héb. 5.12-14). Jacques quant à lui nous encourage non seulement à l’étudier, mais également à la mettre en pratique (Jaq. 1.22-25).
IV. Les limites de la doctrine :
La doctrine n’explique pas tout. Elle ne doit pas dépasser le cadre de la Bible, car elle n’a pas été écrite pour donner la réponse à tout. Cependant, dès qu’une personne est régénérée, c’est-à-dire née de nouveau, le Saint-Esprit dont elle est scellée (Eph. 1.13) lui vient en aide pour lui révéler la volonté de Dieu et l’appliquer à sa propre vie (1 Cor. 2.9-12).
LA PLACE DE LA DOCTRINE DANS LA BIBLE
I. Sa place dans l’Ancien Testament :
Dans l’Ancien Testament écrit en hébreu, le mot Thora traduit par loi, a pour sens premier instruction. Or ce terme désigne non seulement les prescriptions légales, mais l’ensemble des cinq livres de Moïse (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome) et même l’Ancien Testament tout entier .
En Exode 20.1-17, Dieu donna à Moïse la Loi sous la forme de dix commandements. Jésus la résume en deux points : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même » (Mt. 22.36-40). Cette loi sera suivie par des applications pratiques qui se terminent ainsi : « Tels sont les commandements que l’Eternel donna à Moïse pour les Israélites, sur le mont Sinaï. » (Exo. 20.18 à Lév. 27.34)
Les préceptes divins touchent tous les domaines de la vie, et exigent une totale obéissance. Les commandements avec leurs applications (prescriptions, ordonnances, statuts) doivent être enseignés et mis en pratique (Deut. 6.1-3) pour faire ce qui est droit et juste devant Dieu (Deut. 6.17-18). Ils devront être mémorisés et inculqués aux enfants (Deut. 6.4-9). Les rois devront s’y référer en permanence en faisant d’abord une copie personnelle, puis en les lisant tous les jours (Deut.17.18-20 ; Jos.1.8), afin d’agir fidèlement selon la Parole de Dieu. Ceci est valable et recommandé pour toute personne (Ps. 1.1-6 ; 119.1-16).
Sous le règne de Josaphat, des hommes éminents ont été chargés d’enseigner la doctrine au peuple (2 Chro. 17.7). Dieu, qui dispense la bonne doctrine, révèle sa volonté et octroie intelligence et discernement à celui qui les demande (Ps. 27.11 ; 86.11 ; 143.10).
Le non-respect de la Loi dans son principe est d’abord une offense au Dieu saint, puis envers les personnes concernées. La Bible nomme cette violation de la loi « péché ». La loi est donc la référence pour l’homme quant à son comportement spirituel et moral. La justice de Dieu se manifeste par sa sainteté qui le sépare de l’homme (Gen. 2.15-17 ; 3.22-24), et la condamnation éternelle du pécheur (Rom. 3.23). Mais l’amour de Dieu est prouvé par la rédemption du pécheur grâce au don de Jésus-Christ (Jn. 3.16), annoncé et préfiguré dès la chute d’Adam et Eve (Gen.3.15, 21).
II. Sa place dans le Nouveau Testament :
Dans le Nouveau testament écrit en grec, le terme didaskalia est traduit par enseignement, doctrine. Sa racine verbale est didasko qui signifie enseigner, instruire.
Jésus est venu pour accomplir la loi (Mt. 5.17), en la vivant parfaitement (Mt. 26.59-60 ; 27.23). Il en fixera également les exigences : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt. 5.48).
Il passa du temps à enseigner les foules et surtout ses disciples. Ses auditeurs étaient frappés par sa doctrine, qu’ils croyaient nouvelle (Mc. 1.27 ; Ac. 17.19), parce qu’il enseignait avec autorité (Mt. 7.28 ; Mc. 11.18 ; Lc. 4.32). Jésus précisera que sa doctrine lui venait de Dieu, et non des hommes (Jn. 7.16).
Les membres de l’église primitive persévéraient dans la doctrine des apôtres (Ac 2.42) : cet effort est toujours valable pour l’église contemporaine. À cet effet, Dieu a établi dans l’Eglise des pasteurs et docteurs spécialement destinés à l’enseignement, afin d’édifier les croyants pour qu’ils ne soient pas emportés à tout vent de doctrines (1Cor. 12.28 ; Eph. 4.15).
Dans leur méthode d’enseignement, Christ et les apôtres présentaient en premier, la doctrine, puis la pratique qui en découle. Par exemple dans « le sermon sur la montagne » (Mt. 5 à 7), Jésus-Christ déclare l’autorité absolue et la validité permanente de la loi (Mt. 5.1-20) ; puis il en fixe le niveau suprême d’applications (Mt. 5.21ss).
Les épîtres du Nouveau Testament, qui ont un but doctrinal, donnent une interprétation simple de la Bible, et transmettent fidèlement les préceptes de Dieu en exhortant les croyants à une vie conforme à la volonté de Dieu. Dans l’épître aux Romains, par exemple, les chapitres 1 à 11 traitent de la doctrine et les chapitres 12 à 16 de l’application ; il en est de même dans Ephésiens 1 à 3 et 4 à 6.
LA SAINE ET LA FAUSSE DOCTRINE
Le Nouveau Testament parle de la « saine» ou de la « bonne » doctrine (1 Tim. 1.10 ; 4.6 ; 2 Tim. 4.3 ; Tite 1.9 ; 2.1) du « pur enseignement » et de la « doctrine de Dieu » ou du Christ (Tite 2.10 ; 2 Jn. 1.9).
La qualité d’un arbre se reconnaît à ses fruits. Un bon arbre donne de bons fruits et un mauvais arbre produit de mauvais fruits. Il en est de même pour discerner la saine doctrine de la fausse (voir Mt. 7.15-20). Voici les caractéristiques de chacune d’elles.
I. La saine doctrine :
La saine doctrine vient de Dieu (Jn. 7.16). Elle est enseignée dans les Ecritures (2 Tim. 3.16) et conduit à la foi (Ac. 13.12). La saine doctrine nourrit le croyant (1 Tim 4.6), et conduit à la communion avec Dieu le Père et le Fils (2 Jn. 9). Elle empêche également d’être emporté à tout vent de doctrine, d’être trompé par les faux docteurs (Eph. 4.14)
II. La fausse doctrine :
La fausse doctrine vient de l’homme, des faux prophètes (A.T.) ou des faux docteurs (N.T.) qui racontent leurs propres visions, et non celles de l’Eternel (Jér. 23.16). Cette fausse doctrine ou « fausse science » naît dans la pensée de ceux qui se sont détournés de la foi (1 Tim. 6.20-21). Ils sont idolâtres (v. 13), tordent la Parole de l’Eternel (v. 36), sans chercher le conseil de Dieu (vv.18 et 22). Ce sont des impudiques, des infâmes, des voleurs d’hommes, des menteurs, des parjures, faisant ce qui est contraire à la saine doctrine (1 Tim. 1.10).
La fausse doctrine a pour fruit le péché (1 Tim. 6.3-5), car les faux prophètes ne demandent pas au peuple de s’en détourner (Jér. 23.36). Ces derniers ne savent rien (1 Tim. 6.4), sont privés de la vérité (v. 5) et ne cherchent qu’un intérêt personnel, voire s’enrichir (v. 6).
La fausse doctrine détourne de la vérité et de l’Evangile (Gal. 1.6-7 ; 2 Ti. 2.18). Elle est par conséquent réprouvée par Dieu (Apo. 2.13-14). Celui qui l’enseigne n’est pas de Dieu (2 Jn. 1.9). Dans l’avenir, les hommes ne supporteront plus la sainte doctrine (2 Tim. 4.3).
LES OBJECTIFS DE LA DOCTRINE
I. Le salut :
La doctrine de Jésus, des apôtres, des prophètes, des docteurs et des évangélistes a un but commun : conduire l’homme pécheur au salut (Mt. 4.17 ; Ac. 2.38 ; Ac. 3.19).
II. L’instruction et la maturité :
A. L’instruction :
Paul affirme que l’Ancien Testament a été écrit pour l’instruction (ou la doctrine) des croyants (Rom. 15.4) et que « toute Ecritures est inspirée de Dieu pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, et pour instruire dans la justice » (2 Tim. 3.16). L’apprentissage de la doctrine est donc importante.
Les Béréens examinaient chaque jour les Ecritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact (Ac. 17.10-1). Les croyants sont appelés à suivre leur exemple en éprouvant tout enseignement à la lumière des Ecritures (1 Jn 4.1-6). Ils doivent l’étudier avec persévérance (1 Tim. 4.13-16), s’y conformer (Rom. 6.17).
B. La maturité :
Le croyant est appellé à la maturité spirituelle par la lecture de la Bible, afin de pouvoir discerner la volonté de Dieu par le renouvellement de l’intelligence (Héb. 5.14 ; Rom. 12.2). C’est ainsi qu’il pourra réfuter les fausses doctrines, s’éloigner des faux enseignements et ne pas soutenir ceux qui les enseignent (Rom. 16.17-18 ; 2 Jn. 10).
III. La transmission de la doctrine :
Dieu a établi dans l’Eglise des pasteurs docteurs spécialement destinés à l’enseignement pour l’édification des croyants, afin qu’ils ne soient pas emportés à tout vent de doctrines (1 Cor. 12.28 ; Eph. 4.11-15).
L’enseignement de la saine doctrine est donc très important pour la vie de l’Eglise. Celui qui a reçu le don d’enseigner doit s’y attacher de tout son coeur (Rom. 12.7), sachant qu’il sera jugé plus sévèrement (Jq. 3.1). C’est pourquoi, les responsables de l’Eglise, qui ont reçu ce don, doivent persévérer dans cette tâche importante pour la santé et la croissance de l’Eglise(1 Tim. 3.2 ; 4.13, 16 ; 2 Tim. 2.24).
IV. Défendre la foi (apologétique) :
Paul exhorte Timothée à « garder le dépôt » (1 Tim. 6.20). Il entend par cela que la foi a une valeur doctrinale incontestable et qu’il faut combattre en sa faveur (Jude 3). Il se voit lui-même comme un défenseur de la foi (Phil. 1.16). Pierre, pareillement, exhorte les croyants à se défendre avec douceur devant quiconque demande raison de l’espérance qui est en eux (1 Pi. 3.16-6). C’est pourquoi, il est crucial que le croyant sache formuler, articuler et argumenter sa foi. La connaissance de la doctrine biblique trouve ici toute son importance : non seulement elle permettra de défendre ses convictions avec douceur et efficacité, mais elle donnera aussi la possibilité de réfuter les contradicteurs (Tt. 1.9).
V. Avertissement :
La Bible avertit que ceux qui professent de fausses doctrines attireront sur eux une ruine soudaine et seront punis au jour du jugement (1 Pi. 2.1, 9-10). Cet avertissement concerne également ceux qui annoncent un autre évangile (Gal. 1.7), et ceux qui ajouteront ou retrancheront à la Parole de Dieu (Apo. 22.18-19).
Bibliographie :
J.-M. Nicole, Précis de doctrine chrétienne, (Nogent-sur-Marne, Editions de l’Institut Bibilique, 1983).
Henry C. Thiessen, Guide de doctrine biblique, (Canada, Editions Parole de Vie, 1999).
Charles C. Ryrie, ABC de théologie chrétienne, (Suisse, La Maison de la Bible, 2005).
Nouveau Dictionnaire Biblique Online
Jame Packer, Connaître Dieu, (Mulhouse, Editions Grâce et Vérités, 1986).
James Packer, Les mots en questions, (Editions Grâce et Vérités, 1991).