Le nom d’une personne en Orient, revêt une importance plus grande que chez nous. Le nom est quasiment équivalent à la présence de la personne, et se doit de faire une description du caractère de la personne (voir Exo. 3.13 ; 1 Sam. 25.25).
La révélation de la personne de Dieu est complétée par l’emploi des nombreux noms de Dieu. Ils ne désignent pas seulement des titres que les hommes lui auraient assignés, mais ils expriment dans la plupart des cas des descriptions de Dieu lui-même. C’est Jésus qui fera connaître le nom de Dieu aux hommes (Jn. 17.6).
Puisque les noms de Dieu révèlent sa personnalité, leur apprentissage et leur compréhension conduiront à une meilleure connaissance de Dieu. Cela permettra également de mieux apprécier le Dieu unique de la Bible qui, malgré les différents noms qu’il porte, reste le même de toute éternité.
I. Élohim :
A. Emploi du nom :
« Élohim » est la forme la plus utilisée dans l’Ancien Testament. C’est un pluriel dont le singulier est « eloah». Ce dernier ne se trouve que 56 fois dans l’Ancien Testament. « Élohim » (MI¦D «Lª@) est employé environ 2570 fois à propos de Dieu et des divinités en général. Il est employé 2310 fois pour évoquer le vrai Dieu. On le trouve pour la première fois en Genèse 1.1. « Élohim » peut également décrire les faux dieux des nations (Gen. 35.2, 4 ; Exo. 12.12 ; 18.11 ; 23.24). La forme « El» est une forme raccourcie qui ne se trouve que dans les noms composés et dans les poèmes bibliques. La forme Elah est une forme du nom de Dieu en langue chaldéenne, que l’on retrouve uniquement dans les livres de l’Ancien Testament écrits dans cette langue (Esd. 4.24 à 7.26 ; Jér. 10.11 ; Dan. 2 à 6).
B. Signification :
Le nom « Élohim » est certainement l’une des plus anciennes appellations du Dieu révélé dans la Bible. Son origine sémitique provient des langues cananéennes et chaldéennes qui désignaient Dieu par « El». Certainement que les descendants d’Abraham ont employé ce nom commun pour désigner leurs dieux. C’est avec Israël qu’il se transformera en nom propre, celui du Dieu unique et incomparable.
Pour trouver le sens du nom « Élohim », il faut trancher entre deux racines desquelles il dépend. Certains le font dériver d’une racine qui signifie « peur » : dans ce cas, le nom évoquerait la crainte, la révérence et l’adoration qui est due à Dieu. D’autres le rapprochent d’une racine qui a le sens de « force » : dans ce cas, le nom indiquerait une divinité de grande puissance. Bien qu’il soit difficile d’opter de façon catégorique pour l‘un ou l’autre des deux sens, pour beaucoup, le second sens est préférable.
C. Le pluriel d’Élohim :
La forme pluriel d’Élohim est propre à l’Ancien Testament. Aucune autre langue sémitique n’emploie ce mot. C’est pourquoi il existe plusieurs explications concernant la signification du pluriel.
Hypothèse d’un pluriel polythéiste. Certains critiques ont soutenu que le pluriel d’Élohim est une preuve du polythéisme des anciens Hébreux (J. Soury, Baudissin). Le nom, à l’origine polythéiste, aurait revêtu un sens singulier au cours du temps. Seulement le monothéisme de l’Ancien Testament n’est pas le produit d’une évolution linguistique, mais d’une révélation. La preuve de cette erreur se situe dans les épithètes qui l’accompagnent, parce qu’ils sont toujours au singulier. Dans Genèse 1.1, par exemple, il est dit que Dieu (Élohim au pluriel) créa la terre (MI¦D«Lª@ @¡X ¡d) : le verbe « créer» est à la troisième personne du singulier et ne s’accorde pas avec le pluriel d’Élohim.
Hypothèse d’un pluriel trinitaire. La forme pluriel d’Élohim suggèrerait la notion d’un Dieu trinitaire. Il indiquerait la présence de plusieurs personnes réunies dans la divinité. En Genèse 1.26 et 3.22 nous lisons : « l’homme est devenu comme l’un de nous... ».
Hypothèse d’un pluriel de majesté. Le nom « Élohim » est systématiquement accompagné d’un verbe conjugué au singulier ou d’adjectifs au singulier. Cet argument défend l’hypothèse d’un pluriel de majesté, qui met en exergue le respect que l’on doit vouer à Dieu, sa grandeur et la suprématie infinie de Dieu. C’est un pluriel d’excellence, dans lequel se synthétisent toutes les perfections de Dieu. Le nom d’Élohim est également employé pour désigner les faux dieux, et se traduit alors comme un pluriel, car il emploie un verbe au pluriel (Exo. 12.12 ; 18.11 ; 20.3 ; Deut. 13.2 ; Jug. 10.13-14 ; 1 Rois 19.2).
D. Les emplois du nom :
Si le nom de Dieu désigne le « fort » et qu’il est un pluriel de majesté, il est normal qu’il soit employé en rapport avec la grandeur de Dieu et ses oeuvres puissantes. Dans les écritures, « Élohim » est utilisé en rapport avec sa souveraineté. Aussi on peut lire le « Dieu de toute la terre» (Es. 54.5), le « Dieu de toute chair» (Jér. 32.27), le « Dieu des cieux» (Néh. 2.4), le « Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs» (Deut. 10.17). Il est encore employé en rapport avec les oeuvres de création : il a créé toutes choses (Gen. 1.1 ; Es. 45.18 ; Jon. 1.9). Il est aussi employé en rapport avec son jugement (Ps. 50.6 ; 58.12), ou encore dans ses interventions en faveur d’Israël (Deut. 5.23 ; 8.15 ; Ps. 68.8).
E. Les noms composés :
Le nom « Élohim » est généralement accompagné d’une épithète qui souligne un aspect, une vertu du même Dieu :
El-Elyon, « Dieu Très-Haut » (Gen. 14.18). Elyon signifie « le plus élevé ». La première mention révèle ses diverses significations.
Comme « Maître du ciel et de la terre», le Dieu Très-Haut manifeste et exerce son autorité dans deux domaines : l’autorité céleste (Dn. 4.35-37 ; Es. 14.13-14 ; Mt. 28.18) et l’autorité terrestre (cp. Deut. 32.8 ; 2 Sam. 22.14-15 ; Ps. 9.3-6 ; 21.8 ; 47.3-5 ; 56.3-4 ; 82.6, 8 ; 83.17-19 ; 91.9-12 ; Dn. 5.18). Il souligne la force, la suprématie et la souveraineté de Dieu.
El-Gebbor, « Dieu puissant » (Es. 9.5 ; 10.21). L’expression est employée lors de l’annonce de Jésus, l’enfant qui naîtra, et dont la domination reposera sur son épaule. Il sera appelé Admirable, Conseiller, Dieu puissant.
El-Haï, « Dieu vivant » (Jos. 3.10). Lors de la traversée du Jourdain, Josué reconnaîtra que Dieu est vivant, parce qu’il les délivrera de tous ses ennemis. L’action de Dieu démontre qu’il est bien vivant.
El-Qanna, « Dieu jaloux » (Exo. 20.5). C’est dans le 2e commandement que se trouve cette expression de jalousie de Dieu. Dieu est jaloux des idoles : il veut que toute adoration ne revienne qu’au seul Dieu vivant et méritant.
El-Olam, « Dieu éternel » (Gen. 21.33). Cette expression dérive d’une forme qui, dans l’original, signifie « Dieu d’éternité » (Gen. 21.33). Elle met en exergue l’immuabilité de Dieu et sa force inépuisable.
El-Roï, « Dieu (qui) voit » (Gen. 16.13). C’est Agar qui donna ce nom à Dieu lorsqu’elle parla avec lui avant la naissance d’Ismaël.
El-Schaddai, « Tout-Puissant » (Gen. 17.1). Ce mot à une origine incertaine. Pour certains il est lié à un mot akkadien qui signifie « montagne », d’où l’image d’un Dieu Tout-Puissant qui se tient sur la montagne. C’est avec ce nom que Dieu se révèlera aux patriarches et à Abraham lors de la confirmation de l’alliance (Gen. 17.1 ; 28.3 ; 35.11 ; Exo. 6.3 ; cf. Ps. 91.1-2). Ce nom est également employé en relation avec le châtiment du peuple de Dieu (Ruth 1.20-21).
II. Yahvé :
A. L’origine du nom :
Le deuxième nom fondamental de Dieu est son nom personnel, YHWH. Le nom Yahvé est le nom le plus utilisé dans l’Ancien Testament. Il est traduit en français par « éternel ».
Le nom Yahvé dérive apparemment de la racine « hawa» qui signifie soit l’existence, soit le développement (Ecc. 11.3 ; Néh. 6.6). La combinaison des deux idées présente l’aséité(1) et l’action de Dieu. Cette désignation traduit non pas un substantif, mais une épithète qui en hébreu apparaît sous la forme d’un tétragramme YHVH. Par crainte d’enfreindre le 3e commandement (Exo. 20.7), les Juifs considéraient le nom comme tellement sacré, qu’ils ne le prononceront plus et lui substitueront le nom « Adonaï ». Entre le Ve et Xe siècle ap. J.-C., les Massorètes combineront les voyelles du nom « Adonaï » avec les consonnes de YHWH, pour rappeler au lecteur de la synagogue de donner au nom sacré la prononciation « Adonaï ». Plus tard, les traductions chrétiennes donneront naissance à la forme « Jéhovah » : c’est une transcription d’un terme hybride composé des consonnes de Yavhé et des voyelles d’Adonaï.
C’est la Bible qui exprime le mieux l’étymologie de Yahvé. Selon Exode 3.14, YHVH signifie « Celui qui est » ou « Celui qui est l’existant ». Par cette expression, nous comprenons son éternité présente, son immuabilité, et sa fidélité. La racine de Yahvé signifie à la fois « être » et « vivre ». C’est pourquoi, là où Élohim met l’accent sur un attribut de Dieu, Yahvé révèle davantage l’essence même de Dieu.
B. La révélation du nom :
Le nom « Yahvé » fut utilisé par Eve (Gen. 4.1), par les hommes de l’époque de Seth (Gen. 4.26), par Noé (9.26), par Abraham (12.8 ; 15.2, 8). Plus tard, c’est Moïse qui en recevra la signification réelle : Dieu se présentera à lui comme « Je suis celui qui suis» (Exo. 3.14).
C. La signification du nom :
Il est possible de discerner plusieurs facettes au nom « Yahvé » :
1. Le nom « Yahvé » souligne l’immutabilité de l’auto-existence de Dieu et son existence éternelle absolue (Exo. 3.14 ; Jn. 8.58). Comme il est le seul qui existe par lui-même, et que toutes ses créatures tirent leur existence de lui, le nom Yahvé ne peut jamais être appliqué à une créature, contrairement au nom « Élohim » (Ps. 82.6 ; Jn. 10.34-34).
2. Nous pouvons découvrir une relation entre le nom de « Yahvé » et la Trinité. Le nom « Yahvé » n’indique pas une seule des trois personnes de la Trinité, mais l’essence unique qui comprend les trois personnes. Le nom implique à chacune des trois personnes individuellement : au Père (Es. 64.7), au Fils (Es. 40.3 et Mt. 3.3 ; Es. 6.5, 10 et Jn. 12.40-41), au Saint-Esprit (Es. 11.2).
3. Le nom de « Yahvé » est également associé à la sainteté (Lév. 11.44-45 ; 19.1-2 ; 20.26), à la haine du péché et ses jugements (Gen. 6.5-7 ; Deut. 32.35-42), à l’amour de Dieu pour les pécheurs qu’il désire sauver (Gen. 3.21 ; 8.20-21 ; Exo. 12.12-13 ; Es. 53.6, 10-11).
4. Le nom « Yahvé » assure au peuple la présence de Dieu (Exo. 3.12).
5. Le nom « Yahvé » est lié à la puissance de Dieu au service de son peuple et au respect de son alliance avec lui (Exo. 6.6).
6. Le nom « Yahvé » se rapporte au Dieu de la rédemption et de l’Alliance qui se révèle à l’homme pour le sauver. Par Élohim, le Créateur dit : « Faisons l’homme à notre image » (Gen. 1.26) ; par Yahvé-Elohim, il entre en contact avec l’homme dès que celui-ci occupe la scène, l’avertit, le juge, lui promet le salut et le revêt de peaux d’animaux sacrifiés (Gen. 2.7, 16 ; 3.9, 15, 21).
D. Les noms composés :
Plusieurs expressions composées avec le même nom viennent compléter cette révélation de la providence et du salut divins. Ce ne sont pas de nouveaux noms de Dieu, mais des qualifications ou des titres en l’honneur d’évènements mémorables. Ils ajoutent une note supplémentaire au portrait de la personne de Dieu. Nous évoquerons ici les différents noms composés, en y ajoutant quelques exemples de leur emploi dans la Bible.
Yahvé-Elohé-Israël, « l’Eternel, le Dieu d’Israël » (Jug. 5.3 ; Es. 17.6). L’expression est employée dans le cantique de Débora et de Barak après la victoire contre Sisera, chef de l’armée du roi de Canaan. Elle est également employée lors de la prédiction sur la chute de Damas et de ses alliés par esaïe.
Yahvé-Élohim, « l’Eternel, le Dieu d’Israël » (Gen. 2.5). C’est la première mention de Yahvé dans la Genèse associée à Élohim.
Yahvé-Elyon, « l’Eternel Très-Haut » (Ps. 7.18). Cette expression est employée par David dans le Psaume 7 pour louer l’Éternel à cause de sa justice.
Yahvé-Jiré, « l’Eternel pourvoira» (Gen. 22.13-14). Lorsque Abraham voulut obéir à Dieu en offrant son fils unique en sacrifice, l’ange de l’Éternel arrêtera son geste et lui substituera un bélier. Abraham appellera ce lieu « Yahvé-Jiré», parce que Dieu avait pourvu au sacrifice.
Yahvé-Maccaddeschcem, « l’éternel qui vous sanctifie » (Exo. 31.13). L’expression sera utilisée par Dieu lui-même comme un signe, lorsqu’il exhortera le peuple et ses descendants à respecter le sabbat.
Yahvé-Makkeh, « l’Eternel frappe » (Ezé. 7.9). C’est dans une prophétie d’Ezéchiel que cette expression est employée. Elle annonce l’imminence de l’invasion babylonienne dans le pays d’Israël.
Yahvé-Malach, « l’Eternel règne » (Ps. 96.10 ; 97.1). L’expression est employée par le psalmiste pour rappeler aux nations que l’éternel règne et qu’il tient le monde en ses mains. La souveraineté de Dieu doit réjouir le croyant.
Yahvé-Nissi, « l’Eternel ma bannière » (Exo. 17.15). Moïse bâtira un autel après la défaite des Amalécites. Il lui donnera le nom de « l’Éternel est ma bannière ».
Yahvé-Sabbaoth, « l’éternel des armées » (1 Sam. 1.3). Cette expression était souvent employée dans l’Ancien Testament, plus particulièrement dans les livres précédant l’exil (Es. 54.5 ; Os. 12.6). Elle fait de Dieu le chef des armées angéliques et des armées d’Israël (1 Sam. 17.45). Plusieurs prophètes emploieront cette expression, pour rappeler au peuple, dans les moments de crise nationale, que l’éternel était leur chef et leur protecteur. Ce nom composé deviendra synonyme de Créateur Tout-Puissant, de dominateur suprême et de Maître du cosmos tout entier.
Yahvé-Schalom, « l’éternel Paix » (Jug. 6.24). Lors de sa rencontre avec l’ange de l’éternel, Gédéon ayant eu des réponses à ses questionnements, élèvera un autel à l’éternel et lui donnera pour nom « l’éternel paix ».
Yahvé-Schamma, « l’Eternel est là » (Ezé. 48.35). Cette expression est employée pour désigner le nom de la ville de Jérusalem, qui sera établie durant le Millénium lors du partage du pays d’Israël.
Yahvé-Tsidkenu, « l’Eternel notre justice » (Jér. 23.6). Jérémie emploiera cette expression pour désigner l’Éternel, lorsque Juda sera sauvé et Israël en sécurité.
Yahvé-Rapha, « l’Eternel qui te guérit » (Exo. 15.26). Lors de l’épisode à Mara, alors que le peuple murmurait contre Moïse, l’éternel promit de guérir le peuple à condition qu’il obéisse à ses commandements.
Yahvé-Roï, « l’Eternel est mon berger » (Ps. 23.1). Littéralement, l’expression signifie « l’éternel qui me fait paître ». C’est David qui l’emploiera pour désigner Yahvé comme le conducteur de sa vie et de toutes ses circonstances.
Adonaï-Yahvé, « Seigneur Eternel » (Gen. 15.2). Ce nom composé réunit les significations spécifiques de ses composants, en mettant l’accent davantage sur le sens caractéristique d’Adonaï que sur celui de Yahvé pour dépeindre la divinité. Abraham emploiera par exemple cette expression lors de la confirmation de l’Alliance et de la promesse d’une postérité spirituelle.
E. Problème concernant l’emploi de Élohim et Yahvé :
Auteurs multiples. La théologie critique a affirmé que l’auteur — inconnu pour eux — des livres de Moïse s’était inspiré de sources différentes pour leur rédaction. Aussi, il aurait utilisé un document se servant de « Élohim » pour désigner Dieu, et un second employant « Yahvé » pour désigner l’Éternel. Ils ajoutent également que l’auteur n’avait pas connaissance du livre de la Genèse, dans lequel sont employés les noms « Élohim » et « Yahvé ». D’autres pensent que l’emploi des deux noms « Élohim » et « Yahvé » démontrerait deux auteurs différents dans le texte biblique : l’Elohiste et le Yahviste.
Seulement, dans le livre de la Genèse seule, le nom « Élohim » revient 164 fois, et celui de « Yahvé » 146 fois. Si l’on suit leur argument, il faudrait donc découper le texte de la Genèse en autant de fragments différents, et ceci chaque fois que l’on rencontrera un nouveau nom de Dieu (Yahvé-Elohim, Adonaï, ...) !
Première mention de Yahvé. Selon les mêmes critiques, le nom de l’Éternel (Yahvé) n’aurait été révélé qu’à Moïse devant le buisson ardent (Exo. 6.3) : « Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob comme le Dieu Tout-Puissant (El-Schaddaï) ; mais je n’ai pas été connu d’eux sous mon nom, l’éternel» (Yahvé, Exo. 6.3).
Comme nous l’avons dit plus haut, le texte de la Genèse emploie plusieurs fois le nom « Yahvé ». Exode 6.3 ne permet non plus pas d’établir un contraste entre « Élohim » et « Yahvé » puisque les noms utilisés ici sont « El Shaddaï » et « Yahvé ». Segond ajoute que l’expression «sous Mon nom Yahvé, je n’ai pas été reconnu par eux peut aussi être rendue sous forme d’une question : « N’ai-je pas été reconnu par eux sous Mon nom de Yahvé ? ».
Le nom de Yahvé était familier aux patriarches. Seulement dans l’expérience, ils connaissaient surtout « El Shaddaï », c’est-à-dire un Dieu pourvoyant à tous leurs besoins. En Exode 6.3, Dieu dit à Moïse qu’Il va maintenant révéler les aspects caractéristiques du nom « Yahvé ». Dans le livre d’Exode, Dieu va se révéler comme il ne l’avait pas encore fait avec les patriarches : il se révèlera à Moïse, à son peuple et même aux Égyptiens. Pharaon s’écrira : « Qui est l’Éternel?... Je ne connais point l’Éternel! » (Exo. 5.2). Dieu s’identifiera à maintes reprises par l’expression : « ... et vous saurez que je suis l’Éternel» (Exo. 6.7 ; 7.5, 17, etc.). Connaître « Yahvé », c’est donc reconnaître sa nature, son caractère, sa souveraineté, son oeuvre de jugement et de salut.
III. Adonaï :
A. Signification :
Le mot « Adonaï », dont la signification est « Seigneur » (au sens de maître), vient d’un mot ancien « adon » qui signifie « le droit de propriété », d’où l’exercice d’un pouvoir absolu. Comme « Élohim », « Adonaï » est un pluriel de majesté. Au singulier, le mot désigne un seigneur, un maître, un propriétaire (Gen. 19.2 ; 40.1 ; 1 Sam. 1.15). Il est utilisé 427 fois dans l’Ancien Testament et exprime la souveraineté de Dieu. Il rappelle le sentiment de dépendance de la créature au Créateur, la notion que l’homme est au service de Dieu, et qu’il lui doit donc obéissance parce qu’il lui appartient. Moïse effrayé du service auquel il est appelé emploie le nom divin approprié lorsqu’il s’écrie: « Moïse dit à l’éternel (Yahvé) : Ah ! Seigneur (Adonaï), je ne suis pas un homme qui ait la parole facile... ». Moïse emploie « Adonaï » parce qu’il est à son service. Lorsqu’il s’agit de la puissance nécessaire à ce service, il emploie « éternel », et c’est l’éternel qui lui fait la promesse de sa présence et de son secours efficace (Exo. 4.10-17).
B. Emploi du nom :
L’Ancien Testament emploie ce mot en l’appliquant aussi bien à Dieu qu’à l’homme. Lorsqu’il désigne l’homme, il pouvait s’appliquer au propriétaire d’une terre (1 Rois 16.24), au maître d’un serviteur (Gen. 24.14, 27 ; 39.2, 7), au mari par rapport à son épouse (Gen. 18.12) et aux dirigeants du peuple (Gen. 42.30 ; 45.8 ; 1 Rois 22.17). Ce type de relation « maître/serviteurs» se retrouve dans la relation du croyant avec Christ, dont il est le Maître (Jn. 13.13) et l’époux (2 Cor. 11.2).
Lorsqu’il désigne Dieu dans ses rapports avec les hommes, il inclut l’idée d’autorité absolue. Dieu est vu comme le gouverneur de la création (Ps. 114.7), le Seigneur de la terre (Jos. 3.13 ; Ps. 97.5 ; Mich. 4.13 ; Zach. 4.14). Josué par exemple reconnut l’autorité d’un chef de l’armée de l’Éternel (Jos. 5.14), et Esaïe se soumit à l’autorité du Seigneur, son Maître (Es. 6.8-11). « Adonaï » s’applique également au Messie (Ps. 110.1). L’équivalent néotestamentaire de ce nom est « kurios» (Seigneur).
« Adonaï » est également employé comme formule de politesse par la femme envers le roi (1 Rois 3.17) ou envers l’étranger (Jug. 4.18). C’est aussi une marque de respect d’une fille à l’égard de son père (Gen. 32.6), dans un cas particulier d’un frère envers son frère (Gen. 34-35) ou l’attitude du prophète envers le roi (2 Rois 8.12). Il désigne également des anges (Dn. 10.16 ; 12.8).
Le terme « ba’ al » (maître) ne s’applique pas à Dieu, mais il est réservé aux divinités étrangères. Dans l’Ancient Testament, il désigne parfois l’habitant, le mari, le fait de faire une alliance, etc.
IV. Le saint d’Israël :
Dans le livre d’Esaïe, Dieu est appelé souvent le « Saint d’Israël ». Il est aussi connu sous le nom « Saint », pour le désigner comme Dieu du peuple Juif, ou comme le vrai Dieu (Es. 1.4 ; 5.19, 24 ; etc.).
Selon Ezéchiel, Dieu se fait connaître comme l’éternel (Yahvé), c’est-à-dire comme le Dieu puissant et véritable, en manifestant sa sainteté (Ezé. 20.41 ; 28.22 ; 36.23 ; etc.). Remarquons encore que Dieu jure par sa sainteté, comme il jure par lui-même (Am. 4.2 ; Ps. 89.36 ; Gen. 22.16 ; Exo. 32.13 ; Jér. 22.5 ; Es. 45.23). Dans les écritures, la sainteté concernant Dieu ressemble à un synonyme de divinité. Le livre du Lévitique affirme la sainteté de Dieu et démontre qu’elle est l’attribut fondamental. Elle exprime à la fois sa pureté ineffable, sa haine du péché, ainsi que sa gloire, sa Majesté, son élévation et sa grandeur suprêmes. La sainteté de Dieu est également en relation avec sa jalousie, sa colère et sa vengeance (Exo. 20.15 ; Ezé. 38.18, 23 ; Nah. 1.2 ; Ezé. 25.14, 17).
Dieu dans le Nouveau Testament
I. Dieu (theos) :
A. Emploi du nom :
Le nom « Theos» est le plus fréquemment employé pour désigner Dieu dans le Nouveau Testament. Dans la Septante (2), il est la traduction la plus utilisée du nom « Élohim ». Bien que les païens l’emploient pour désigner leurs dieux, il s’applique toujours au seul vrai Dieu (Ac. 12.22 ; 14.11 ; 17.23 ; 19.26-27 ; 1 Cor. 8.5 ; 2 Thess. 2.4). « Theos» est également employé pour désigner le diable (2 Cor. . 4.4) ou la sensualité (Phil. 3.19).
B. Enseignement à tirer de ce nom :
Les emplois de « Theos» révèlent plusieurs vérités importantes au sujet du vrai Dieu.
Premièrement, il est le seul et unique vrai Dieu (Mt. 23.9 ; Rom. 3.30 ; 1 Cor. 8.4, 6 ; Gal. 3.20 ; 1 Tim. 2.5 ; Jaq. 2.19). Le Nouveau Testament enseigne qu’il est unique, le seul Dieu (1 Tim.1.17), le seul vrai Dieu (Jn. 17.3), le seul qui soit saint (Apo. 15.4) et le seul qui soit sage (Rom. 16.27). Les chrétiens ne doivent s’attacher qu’à lui seul (Mt. 6.24).
Deuxièmement, « Theos» nous apprend la transcendance de Dieu. Il est le Créateur, le soutien, le Seigneur de l’univers et le Maître du temps (Ac. 17.24 ; Héb. 3.4 ; Apo. 10.6).
Troisièmement, « Theos» est le Sauveur qui a envoyé son Fils comme Rédempteur en le livrant à la mort de la croix pour l’homme pécheur (Jn. 3.16 ; Rom. 8.32 ; 1 Tim. 1.1 ; 2.3 ; 4.10 ; Tite 1.3 ; 2.13 ; 3.4).
C. Christ en tant que « Theos» :
Plusieurs passages du Nouveau Testament attribuent à Jésus le titre de « Theos» (Rom. 9.5 ; Jn. 1.1, 18 ; 20.28 ; Tite 2.13). C’est ainsi que Jean le désigne (Jn. 1.1, 18). Thomas applique à la fois les titres « kurios» et « Theos» à Jésus : «Thomas lui répondit: Mon Seigneur et mon Dieu! (Jn. 20.28). Paul identifie également Christ à Dieu (Rom. 9.5 ; Tite 2.13). La première épître de Jean, au chapitre 5 et verset 2 fait de même en désignant le Fils comme le Dieu véritable.
II. Seigneur (kurios) :
A. Emploi du nom :
Le mot « Kurios» est l’équivalent grec de « Adon » ou « Adonaï » (« Seigneur » en hébreu). Dans le Nouveau Testament, le mot « kurios» est employé le plus souvent par Luc (210 fois) et par Paul (275 fois), ceci parce qu’ils s’adressaient à des personnes de culture et de langue grecque.
B. Signification du nom :
Le mot « Kurios» souligne l’autorité et la suprématie d’une personne. Il désigne le maître et s’applique en particulier à Dieu (ho Kurios)(3), et à Jésus-Christ(4). Quand il est employé pour désigner « Dieu », il exprime son rôle de Créateur, sa puissance révélée dans l’histoire et sa souveraineté sur l’univers. Quand il est employé pour désigner Jésus, il exprime son autorité comme au-dessus de la Loi, qu’il interprète et observe selon l’Esprit de Dieu. C’est également un titre d’honneur offert par les serviteurs à leur maître (Mt. 13.27) ou par les disciples à Jésus (Mt. 8.25 ; 16.22 ; Lc. 9.54). Il peut être encore l’équivalent de « monsieur » (Jn. 4.11), ou désigner des anges (Ac. 10.4, 14), l’empereur romain ou le « souverain » (Ac. 25.26), le gouverneur (Mt. 27.63), et même le propriétaire d’un animal (Mt. 15.27 ; Lc. 19.33). Le mot s’applique encore aux idoles (1 Cor. 8.5) et aux maris (1 Pi. 3.6).
Ce terme a été rendu en français par le mot « maître ». Nous le trouvons dans les expressions « le maître de la vigne » (Mt. 20.8), « le maître de la moisson » (Mt. 9.38), « le maître de la maison » (Mc. 13.27), ou « le maître du sabbat » (Mt. 12.8).
C. Christ comme « Kurios» :
Durant son ministère terrestre, les hommes et les femmes que Jésus rencontrait l’appelaient « Seigneur ». Parfois ils le faisaient dans le sens de « Maître » ou simplement pour dire « monsieur » (Mt.8.6). Thomas reconnaîtra toute la divinité de Jésus en son « Seigneur et Dieu » (Jn. 20.28). La Bible enseigne également que par sa résurrection et son ascension, Jésus est établi comme Seigneur de l’univers (Ac. 2.36 ; Phil. 2.11).
Quand un chrétien de l’Église primitive habitué à lire l’Ancien Testament lisait « Seigneur » appliqué à Jésus, il l’identifiait à Dieu, c’est-à-dire comme le « Yahvé » de l’Ancien Testament. Mais pour ce même chrétien, l’emploi du mot « Kurios» pouvait poser un problème. L’empire romain obligeait les citoyens à adorer l’empereur par un culte de la personnalité et employait la formule « Kaiser Kurios», c’est-à-dire, « César est Seigneur». Les chrétiens eux refusaient d’adorer César, et préféraient adorer Jésus par l’expression « Christos Kurios ». Ce refus pouvait leur coûter la vie !
III. Maître, Rabbi, despotês :
Jésus est appelé « Maître » plusieurs fois dans les évangiles (Mt. 9.11 ; Mc. 4.38 ; 10.17, 20,35 ; 12.14 ; Lc. 3.12 ; 8.24 ; etc.), même par les pharisiens (Mt. 22.16 ; Mc. 12.32). En plus de guérir les malades, il enseignait comme les docteurs de la Loi dans les synagogues (Mt. 4.23 ; 9.35) et au Temple (Mt. 26.55 ; Mc. 12.35).
Jésus était également appelé Rabbi (Mt. 26.25 ; Mc. 9.5 ; Jn. 1.38), et parfois « Rabbouni» (Mc. 10.51 ; Jn. 20.16). Ces mots désignaient le « docteur », le « maître », ou « celui qui enseigne ». C’était une appellation respectueuse, que les Juifs décernaient à leurs chefs spirituels (Mt. 23.7 ; Jn. 1.38).
Si « Kurios» met l’accent sur l’idée d’autorité et de suprématie, le mot « Despotês» insiste lui sur la notion de possession. Siméon (Lc. 2.29), Pierre et ceux qui étaient avec lui (Ac. 4.24) ainsi que les martyrs dans le ciel (Apo. 6.10) s’adressent à Dieu en l’appelant « despotes » dans l’original grec (traduit dans la Bible par « Seigneur » ou « maître »). Christ également est appelé deux fois « despotes » (2 Pi. 2.1 ; Jud. 4).
VI. Le Père :
Le Nouveau Testament a cette particularité de nommer Dieu le « Père » des croyants. Il y est ainsi désigné 245 fois, pour seulement quinze fois dans l’Ancien Testament. Ce titre résume pour le chrétien tous les attributs et autres appellations de Dieu.
C’est Jésus lui-même qui nous révèle le mieux le sens et le contenu du nom « Père », lorsqu’il s’exclame « Abba, Père» (Abba vient de l’araméen). Ainsi, il exprime l’affection filiale envers Dieu, Mc. 14.36 ; Rom. 8.15 ; Gal. 4.6), dans sa parabole de l’enfant prodigue (Lc. 15), dans le « Notre-Père » (Lc. 11.2), ou dans la prière sacerdotale (Jn. 17). Il le fera encore davantage en sa qualité de Fils obéissant, et par son sacrifice total à Golgotha (Lc. 23.34).
Dans l’Ancien Testament, « Yahvé » était déjà considéré comme « Père » (Es. 63.16 ; 64.7). Mais au-delà de l’idée d’un Père qui donne l’existence à une nation, qui la nourrit, la protège et la sauve de son territoire (Os. 11.1), les écrivains sacrés parlent aussi des relations entre Dieu et l’homme, de l’indignité des pécheurs au titre de fils de Dieu (Es. 1.2 ; 30.1-9 ; Ps. 73.15), et du Père comme Sauveur (Ps. 106.21 ; Es. 43.3, 11 ; 49.26 ; 60.16 ; 63.8 ; Jér. 14.8 ; Soph. 3.17 ; etc.). C’est par cette notion de Dieu-Sauveur que la paternité divine se révèle au maximum, et donne une deuxième fois la vie à ses enfants par la nouvelle naissance.
En tant que « Père », Dieu offre à ses enfants grâce et paix (Eph. 1.2 ; 1 Thess. 1.1). Il offre également de bonnes choses (Jaq. 1.17), et même des commandements (2 Jn. 4). C’est aussi à Dieu le « Père » que les chrétiens doivent adresser avec toute confiance leurs prières (Eph. 2.18 ; 1 Thess. 3.11).
V. Tableau des principaux noms de Dieu dans la Bible :
| DANS L'ANCIEN TESTAMENT | ||||
| El, Eloah, Elohim | MI¦D«Lª@ | Dieu | Gen. 1.1 | |
| Yahve (Jehovah) | D¡ED¥I | L’éternel | Gen. 2.4 | |
| Adonaï | I¡P«C©@ | Seigneur | Gen. 15.2 | |
| Noms composés avec « El» | ||||
| El-Elyon | O]I¥L£R L¤@ | Dieu Très-Haut | Gen. 14.18 | |
| El-Gebbor | X]d¦e L¤@ | Dieu puissant | Es. 9.5 | |
| El-Haï | I¢G L¤@ | Dieu vivant | Jos. 3.10 | |
| El-Qanna | @¡p¢W L¤@ | Dieu jaloux | Exo. 20.5 | |
| El-Olam | M¡L]R L¤@ | Dieu éternel | Gen. 21.33 | |
| El-Roï | I¦@¨X L¤@ | Dieu (qui) voit | Gen. 16.13 | |
| El-Shaddaï | I¢f¢[ L¤@ | Dieu Tout-Puissant | Gen. 17.1 | |
| (Emmanuel) | L¤@ hP¡o¦R | Dieu avec nous | Es. 7.14 | |
| Noms composés avec Yahvé | ||||
| Yahvé-Elohé-Israël | L¤@¡X¥\¦I I¤D«Lª@ D¡ED¥I | L’éternel, le Dieu d’Israël | Jug. 5.3 | |
| Yahvé-Elohim | MI¦D«Lª@ D¡ED¥I | L’éternel Dieu | Gen. 2.5 | |
| Yahvé-Elyon | O]I¥L£R D¡ED¥I | L’éternel Très-Haut | Ps. 7.18 | |
| Yahvé-Jiréh | D£@¥X¦I D¡ED¥I | L’éternel pourvoira | Gen. 22.14 | |
| Yahvé-Maccaddeschcem | M£K¥[¦f¢W¥N D¡ED¥I | L’éternel vous sanctifie | Exo. 31.13 | |
| Yahvé-Makkeh | D£m¢N D¡ED¥I | L’éternel frappe (celui qui) | Ezé. 7.9 | |
| Yahvé-Malach | `¡L¡N D¡ED¥I | L’éternel règne | Ps. 96.10 | |
| Yahvé-Nissi | I¦q¦P D¡ED¥I | L’éternel ma bannière | Exo. 17.15 | |
| Yahvé-Sabbaoth | Z]@¡A¥V D¡ED¥I | L’éternel des Armées | 1 Sam. 1.3 | |
| Yahvé-Schalom | M]L¡[ D¡ED¥I | L’éternel paix | Jug. 6.24 | |
| Yahvé-Schamma | D¡o¡[ D¡ED¥I | L’éternel (est) ici | Ezé. 48.35 | |
| Yahvé-Tsidkenu | hP¤W¥C¦V D¡ED¥I | L’éternel notre justice | Jér. 23.6 | |
| Yahvé-Rapha | _£@¥T«X D¡ED¥I | L’éternel te guérit | Exo. 15.26 | |
| Yahvé-Roï | I¦R«X D¡ED¥I | L’éternel mon berger | Ps. 23.1 | |
| Adonaï-Yahvé | D¦EDªI I¡P«C©@ | Seigneur éternel | Gen. 15.2 | |
| Qadosh Israël | L¤@¡X¥\¦I []C¥W | Le Saint d’Israël | Es. 1.4 | |
| DANS LE NOUVEAU TESTAMENT | ||||
| Theos | yeov | Dieu | Jn. 3.16 | |
| Kurios | kuriov | Seigneur | Jn. 20.28 | |
| Despotes | despothv | Seigneur, maître | Lc. 2.29 | |
| Pater | pathr | Père | Lc. 23.34 | |
CONCLUSION
Par l’étude des noms de Dieu, nous réalisons que la Bible révèle un Dieu toujours identique. De la Genèse à l’Apocalypse, à travers les formes diverses de son nom, s’expriment toujours le caractère, l’identité, la volonté et les actes de Dieu. Ajoutés aux attributs de Dieu, nous pouvons réaliser encore avec plus de précision le portrait de Dieu.
Mais cette connaissance des noms de Dieu ne doit pas rester qu’intellectuelle : elle conduit à réaliser qui est notre Dieu en tant que Majesté et Souverain de la terre, ainsi que sa volonté de Père pour nous ses enfants. En attendant, nous pouvons dire avec le psalmiste : « Éternel notre Seigneur ! Que ton nom est magnifique sur toute la terre ! » (Ps. 8.2, 10), jusqu’au jour fabuleux où dans la présence de Dieu nous pourrons nous joindre à « toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer » pour glorifier « Celui qui est assis sur le trône » (Apo. 5.13), Jésus-Christ notre Dieu.
Bibliographie :
Charles C. Ryrie, ABC de théologie chrétienne, (Suisse, La Maison de la Bible, 2005).
Nouveau Dictionnaire Biblique Online
Richard Teachout, Théologie Biblique Systématique, vol. I.
(1) Aséité vient du latin scolastique aseitas, venant lui-même de l’expression a se signifiant par soi. Ce terme désigne l’état d’un individu qui existe pour soi-même et par soi-même (raison individuelle et indépendante), sans voir son existence assujettie à quelque chose d’autre. Sa provenance scolastique renseigne sur l’objectif premier de ce mot : il est employé pour qualifier la nature de Dieu ; saint Anselme énonçait ainsi que l’existence divine ne pouvait provenir que du divin lui-même. Ainsi, cela s’oppose à l’abaliété où, cette fois, l’existence est soumise à un extérieur (personne ou objet).
(2) La Septante (LXX, latin : Septuaginta) est une version du Tanakh (Bible hébraïque) en langue grecque. Selon une légende rapportée dans la Lettre du pseudo-Aristée, document sans authenticité historique, la traduction de la Torah aurait été réalisée par 72 (Septante-deux) traducteurs à Alexandrie, vers 270 av. J.-C., pour les Juifs qui y étaient alors relativement nombreux, à la demande de Ptolémée II. Une légende postérieure veut que ces 72 érudits aient tous traduit séparément l’intégralité du texte, et qu’au moment de comparer leurs travaux, on se soit aperçu avec émerveillement que les 72 traductions étaient identiques. Dans sa paraphrase de ce récit, Flavius Josèphe arrondit à 70 traducteurs, d’où le nom retenu par la postérité (Wikipédia).
(3) Mt. 1.20-22; 5.33; 21.9; Mc. 5.19; 13.20; Lc. 1.6; Jn. 12.13; Ac. 1.24; 7.33; Rom. 4.8; 1 Cor. 3.20; 2 Cor. 6.17; 1 Tim. 6.15; 2 Tim. 1.16,18; Héb. 7.21; Jaq. 1.7.
(4) Mt. 3.3; Lc. 1.43; Ac. 1.6; 10.36; Rom. 14.8; 1 Cor. 7.22; 8.6; Gal. 1.3; Eph. 1.2; Phil. 1.2; 2.9-11.