I. Où trouve-t-on le parler en langues dans la Bible?
Voici les différentes mentions d'un parler en langues dans la Bible :
Babel (Gen. 11.9); prophétie d'Esaïe lorsque Dieu avertit son peuple d'un jugement (Es. 28.11); dans l'Évangile de Marc (Mc. 16.17); le récit de la Pentecôte (Ac. 2); le récit des différentes réceptions de l'Esprit (Ac. 8; 10; 19); la pratique du parler en langues (1 Cor. 14).
II. Jésus annonce et identifie le parler en langues
A. Jésus annonce le “parler en langues ” :
Marc 16.17 : "Voici les miracles qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues."
Jésus annonce avant de repartir auprès de son Père que les hommes qui auront cru en lui parleront de nouvelles langues, et feront divers miracles.
Quand Jésus parle de nouvelles langues, il ne les qualifie pas d’extatiques ou d’angéliques : elles semblent être des langues compréhensibles, fait qui sera confirmé à la Pentecôte.
B. Jésus n’a jamais parlé en langues :
Aussi rempli soit-il du Saint-Esprit, nulle part la Bible ne nous enseigne que Jésus ait parlé en langues.
Cela n'était pas nécessaire. Au moment où Jésus était au milieu d’Israël, le peuple pouvait reconnaître et comprendre son Messie. Mais nous savons que les Juifs préfèreront le crucifier plutôt que de l'écouter.
Jésus, après son ascension auprès du Père, enverra le Consolateur qu’il avait promis (Jean 14.26), le Saint-Esprit qui offrira ses dons spirituels aux hommes: parmi ces dons spirituels, il y a le parler en langues.
III. Autorité du Saint-Esprit sur les dons spirituels
A. Le Saint-Esprit distribue les dons spirituel :
1 Corinthiens 12.8-11 : "En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit; à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit; à un autre, le don d’opérer des miracles; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, la diversité des langues; à un autre, l’interprétation des langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut."
Seul le Saint-Esprit a autorité quant à la gestion des dons spirituels. Il distribue, qualifie, et gère tous les dons spirituels nécessaires à l’Eglise.
Pourtant 1 Corinthiens 12.31 nous déclare: «Aspirez aux dons les meilleurs». Comprenons que «aspirer» (zhlow jaloux, aspirer, envieux, zélé, avoir du zèle) ne veut pas dire choisir soi-même un don spirituel, mais simplement rechercher la volonté du Saint-Esprit et son choix pour moi. Je ne décide jamais quel sera mon don spirituel: j’attends en espérant avoir un grand don pour servir Jésus-Christ.
B. Le Saint-Esprit se contredit-il ?
1 Corinthiens 12.27 : "Vous êtes le corps de Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part."
1 Corinthiens 12.29-30 : "Tous sont-ils apôtres? Tous sont-ils prophètes? Tous sont-ils docteurs? Tous ont-ils le don des miracles? Tous ont-ils le don des guérisons? Tous parlent-ils en langues? Tous interprètent-ils?"
Comment le Saint-Esprit distribue-t-il les dons spirituels? Selon 1 Corinthiens 12, les dons spirituels sont équitablement distribués entre tous les membres de l’Eglise, tous différents, tous complémentaires.
Si dans une Eglise, tous les membres possèdent le don spirituel de la prédication, qui écouterait? Si dans l’Eglise tous les membres parlent en langues, est-ce la volonté du Saint-Esprit?
Chaque membre a un rôle particulier à jouer dans l’Eglise: il possèdera un ou plusieurs dons spirituels, répartis avec toute la sagesse du Saint-Esprit
Si tous parlent en langues dans une Eglise, le Saint-Esprit se contredit..., ou pire, ce n’est pas l’Esprit de Dieu qui dirige!
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En résumé :
> Le Saint-Esprit distribue les dons spirituels, ce n’est pas l’homme qui choisit.
> Les dons spirituels sont répartis aux membres selon les besoins de l’assemblée.
> Le Saint-Esprit ne se contredit pas: il n'accorde pas à toute une assemblée le même don spirituel.
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IV. La Signification du Parler en langues
A. Le parler en langues est un signe :
1 Corinthiens 14.22 : "Par conséquent, les langues sont un signe, non pour les croyants, mais pour les non-croyants; la prophétie, au contraire, est un signe, non pour les non-croyants, mais pour les croyants”.
Un signe [shmeion]: c’est un miracle, un prodige, une preuve, ou une signature."
L’objectif du parler en langues est d’accomplir une mission particulière, non pas une mission hasardeuse.
Le signe est une démonstration, une preuve et une signature d’un événement qui doit s’accomplir ou qui s’accomplit.
Un signe est un acte qui cherche un destinataire.
B. Un signe pour qui ?
Esaïe 28.11 : "Eh bien! c’est par des hommes aux lèvres balbutiantes Et au langage barbare Que l’Eternel parlera à ce peuple."
1 Corinthiens 14.21-22 : "Il est écrit dans la loi: C’est par des hommes d’une autre langues Et par des lèvres d’étrangers Que je parlerai à ce peuple, Et ils ne m’écouteront même pas ainsi, dit le Seigneur. Par conséquent, les langues sont un signe, non pour les croyants, mais pour les non-croyants; la prophétie, au contraire, est un signe, non pour les non-croyants, mais pour les croyants."
1) Un signe pour les non-croyants :
Au verset 21 de 1 Corinthiens 14, Paul rappelle la prophétie d’Esaïe 28.11. Dans le contexte, cette prophétie est destinée au peuple d’Israël.
Au verset 22, Paul emploie l’expression "par conséquent les langues sont un signe ...pour les non-croyants". Le lien fait entre les deux versets démontre que les non-croyants sont des Juifs.
Nous pouvons encore ajouter ceci à notre argumentation: "je parlerai à ce peuple" (dans le contexte Esaïe s'adresse aux Juifs). Paul reprend la même expression "ce peuple", puis fait le parallèle avec les non-croyants.
Le parler en langues est un signe pour les non-croyants, c’est-à-dire pour le peuple Juif à qui Dieu s'adresse.
Ajoutons encore que le parler en langues se manifestera chaque fois en présence des Juifs:
- Actes 2: présence des disciples et des Juifs pieux.
- Actes 10.45: présence des fidèles circoncis.
- Actes 19: les 12 disciples de Jean étaient Juifs.
- 1 Corinthiens 14.22: les non-croyants étaient également des Juifs, des Juifs qui avaient du mal à accepter que les païens puissent intégrer le peuple de Dieu (Exemple de Pierre que Dieu a persuadé par un songe).
2) Ce n’est pas un signe pour les croyants :
"... par conséquent, les langues sont un signe, non pour les croyants, mais pour les non-croyants; la prophétie, au contraire, est un signe, non pour les non-croyants, mais pour les croyants."
Nous voyons dans ce texte que le parler en langues est un signe pour les non-croyant. Aussi, le parler en langues n'est pas un signe pour les croyants.
Qui sont les protagonistes dans le contexte? (voir discussion sur le non-croyant plus bas).
Remarque: le parler en langues est pratiqué par le croyant, mais est un signe pour le non-croyant.
C. Un signe dans quel but ?
1) Un jugement contre Israël :
Esaïe 28.11 : "Eh bien! c’est par des hommes aux lèvres balbutiantes Et au langage barbare Que l’Eternel parlera à ce peuple."
Matthieu 10.5-6 : "Tels sont les douze que Jésus envoya, après leur avoir donné les instructions suivantes: N’allez pas vers les païens, et n’entrez pas dans les villes des Samaritains; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël."
Pendant son ministère, Jésus s’adressait uniquement aux Juifs: Jésus interdisait même à ses disciples d’aller annoncer l’évangile aux païens. Il ne désirait que s'adressait au peuple choisi par Dieu.
En crucifiant Jésus, le peuple juif a refusé son Messie. Ce refus déclenchera l’accomplissement de la prophétie d’Esaïe 28.11: désormais, Dieu s’adressera aux Juifs par la bouche et la langues des païens, une langues barbare pour la langues juive.
Ce parler en langues s’accomplira le jour de la Pentecôte, lorsque des Juifs pieux venus à Jérusalem, entendront les merveilles de Dieu exprimées dans des langues inconnues, des langues différentes de la langue juive.
Ce jugement à l’encontre d’Israël se poursuivra par la destruction du temple en 70, lors de l’invasion des Romains.
2) Intégration des païens dans le peuple de Dieu:
Galates 3.13-16 : "Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous - car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois - afin que la bénédiction d’Abraham ait pour les païens son accomplissement en Jésus-Christ, et que nous recevions par la foi l’Esprit qui avait été promis. Frères (je parle à la manière des hommes), un testament en bonne forme, bien que fait par un homme, n’est annulé par personne, et personne n’y ajoute. Or, les promesses ont été faites à Abraham et à sa descendance. Il n’est pas dit: et aux descendances, comme s’il s’agissait de plusieurs, mais en tant qu’il s’agit d’une seule: et à ta descendance, c’est-à-dire à Christ."
Le refus du peuple juif d’accomplir le témoignage comme peuple de Dieu, et son refus de reconnaître Jésus comme son Messie, conduira Dieu a se tourner vers les païens, afin de les intégrer dans le peuple qu’il s’est choisi. Ce peuple élu prendra désormais le nom d’«Eglise».
Ce n’est pas le moment de faire une étude à ce sujet, mais ce verset nous démontre que faire partie du peuple de Dieu n’est pas un héritage selon la race, mais s’obtient par la foi en Jésus-Christ. Celui qui accepte Jésus est intégré au peuple de Dieu.
3) Parenthèse : l’orgueil national des Juifs:
Nous devons également réaliser, combien il était inconcevable pour un juif, de voir Dieu s’approcher des païens.
Jonas refusera d’annoncer le salut aux Ninivites (Jonas 4.1-2). Pierre lui-même aura besoin d’une vision pour comprendre que les païens pouvaient accéder à la repentance: Corneille (Actes 10)...
Paul lui-même, face au refus obstiné des Juifs d’entendre l’Evangile, se tournera vers les païens (Actes 13.46).
Moïse prophétisera en Deutéronome 32.21: «Et moi, j’exciterai leur jalousie par ce qui n’est point un peuple, Je les irriterai par une nation insensée».
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En résumé :
> Le parler en langues est un signe, avec un objectif.
> Le parler en langues est signe pour les Juifs identifiés comme les non-croyants.
> Le parler en langues est un signe du jugement de Dieu à l’égard d’Israël
> Le parler en langues est un signe qui démontre l’intégration des païens dans le peuple de Dieu par le moyen de l’Eglise.
> Le parler en langues n’est pas un signe pour les croyants.
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V. L’exercice du parler en langues
A. Quel est le message du parler en langues:
1) Les merveilles de Dieu:
Actes 2.11 : "Crétois et Arabes, comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu?"
Le message du parler en langues exprime les merveilles de Dieu. Cette louange à l’égard de Dieu était exprimée dans divers dialectes compréhensibles par les Juifs pieux présents à la Pentecôte.
Le fait d’entendre les merveilles de Dieu, jusqu’alors exprimées dans la langue juive, devait certainement surprendre les Juifs présents.
2) Un signe de jugement pour les Juifs:
Si le message oral du parler en langues exprimait les merveilles de Dieu, le sens réel du parler en langues avertissait les Juifs du jugement de Dieu à leur encontre, puisque les merveilles de Dieu étaient exprimées dans une langue «barbare».
Ce fait aurait dû réveiller la conscience d’Israël.
3) Deux en un:
Comprenons alors qu'il y avait deux actions simultanées du parler en langues.
Le premier: la louange à Dieu, exprimée dans une langue étrangère.
Le second: le jugement de Dieu à l’encontre du peuple juif.
B. L'expression du parler en langues :
Une action de grâces: 1 Corinthiens 14.1 7:" Tu rends, il est vrai, d’excellentes actions de grâces, mais l’autre n’est pas édifié."
La louange: Actes 2.11 : "Crétois et Arabes, comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu?"
La prière: 1 Corinthiens 14.14 : "Car si je prie en langue, mon esprit est en prière, mais mon intelligence demeure stérile."
C. Une définition du parler en langues :
Le parler en langues est une action de grâce exprimant oralement les merveilles de Dieu dans une langue étrangère aux Juifs (c.a.d. en hébreu), et proclamant l’accomplissement de la prophétie du jugement de Dieu à l’encontre d’Israël.
D. Les” langues” du parler en langues :
Actes 2.7-11 : "Ils étaient tous dans l’étonnement et la surprise, et ils se disaient les uns aux autres: Voici, ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens? Et comment les entendons-nous dans notre propre langue à chacun, dans notre langue maternelle? Parthes, Mèdes, Elamites, ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont, l’Asie, la Phrygie, la Pamphylie, l’Egypte, le territoire de la Libye voisine de Cyrène, et ceux qui sont venus de Rome, Juifs et prosélytes, Crétois et Arabes, comment les entendons-nous parler dans nos langues des merveilles de Dieu?"
1 Corinthiens 14.10 : "Aussi nombreuses que puissent être dans le monde les diverses langues, il n’en est aucune qui soit sans signification."
1) Les divers dialectes :
Selon la liste du livre des Actes, lorsque les disciples reçurent le Saint-Esprit à la Pentecôte, ils parlèrent en langues compréhensibles et intelligibles, puisque les Juifs pieux présents, comprirent dans leur propre langues les merveilles de Dieu.
Paul ajoute que les langues sont aussi nombreuses que les langues que comportait le monde de Paul, et ont toutes une signification.
Il faut aussi se souvenir que le livre des Actes (en 60 après Jésus-Christ) a été écrit après l’épître aux Corinthiens (en 56 après Jésus-Christ). Pourquoi Luc, auteur des Actes, aurait volontairement contredit Paul en décrivant les langues du parler en langues comme des dialectes compréhensibles?
Les langues du parler en langues qu'elles soient celles de l'épître aux Corinthiens ou celles d'Actes, sont donc des langues maternelles, des langues compréhensibles.
2) "Des sortes de langues, la diversité des langues" (genh glwsson) 1 Corinthiens 12.10) :
Le mot , qui est traduit ici par "sortes" ou "diversité", dérive de la racine grecque qui signifie "engendrer, naître, devenir" et il signifie essentiellement "postérité" ou "famille", "ceux que l'on a engendré". De là le mot a acquis le sens de "race, nation, nationalité" (Ralph Shallis, Le don de parler diverses langues, France, Editions du C.C.B.P. 1982, p. 98).
Remarquons aussi que "les langues" sont au pluriel: il n'y a pas qu'une seule langues exprimée lors du parler en langues.
3. Des langues angéliques, ou extatiques: un seul passage dans la Bible, toute une doctrine !
1 Corinthiens 13.1 : "Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit."
L’unique passage qui parlerait de l’éventualité d’un parler en langues angélique est 1 Corinthiens 13.1. Paul dans ce verset emploie en réalité l’hyperbole, c’est-à-dire, un procédé qui consiste à exagérer l’expression pour produire une forte impression.
Nous savons que Paul n’a jamais eu connaissance de tous les mystères puisqu’il déclare connaître en partie (1 Cor 13.2; 13.12).
Nous savons également que Paul n’a jamais livré son corps aux flammes, puisque selon la coutume il fut décapité.
Nous savons aussi que Paul n’a jamais distribué tous ses biens: il ne possédait rien et dépendait des dons des églises.
Aussi, Paul ne dit pas avoir parlé la langue des anges dans le contexte de ce chapitre! S’il emploie l’hyperbole pour soutenir son développement, ce n’est pas pour donner un enseignement sur une éventuelle langue des anges, mais pour stimuler l'amour fraternel. Paul ne parle pas de fait réel.
4. Paul au paradis :
2 Corinthiens 12.4 : "fut enlevé dans le paradis, et qu’il entendit des paroles merveilleuses qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer."
Paul, qui fut ravie au paradis, a certainement entendu ses habitants s’exprimer. Pourtant, il déclare qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer les paroles merveilleuses qu’il a entendues.
Si Paul lui-même s’interdit le langage angélique, combien plus l’Eglise de Jésus-Christ ne doit pas désobéir à cet ordre.
5. Les anges semblent parler notre langue :
Que soit une discussion avec Abraham, Daniel, Esaïe, chaque homme de Dieu comprenait parfaitement ce que leur disait l’ange. Aussi, nous pouvons tirer cette conclusion que les anges adaptent leur langage au nôtre.
De plus, lorsque les anges communiquaient avec les hommes, ils n’étaient jamais en extase. Par conséquent, un parler en langues «extatique» basé sur la langue des anges, est à bannir définitivement des dons spirituels et du vocabulaire évangélique.
6. Difficultés linguistiques (le pluriel des langues angéliques) :
taiv glwssaiv (les langues dans 1 Corinthiens 13.1) est un nom féminin datif pluriel.
Selon ce pluriel, il existerait plusieurs langages angéliques, au moins autant que les langues humaines. Or, remarquons que les langues humaines et leur variante, sont le produit d’un jugement effectué à Babel. Aussi, si la diversité de langues est le fruit d’une condamnation, les anges, s’ils possédaient diverses langues, auraient eux aussi subit un jugement.
E. A qui s’adresse-t-on quand on parle en langues:
1 Corinthiens 14.2 : "Celui qui parle en langues ne parle pas aux hommes, mais à Dieu, car personne ne le comprend, et c’est en esprit qu’il dit des mystères."
1) «En effet, celui qui parle en langues ne parle pas aux hommes»:
Les disciples dans les Actes ne parlaient pas précisément à quelqu’un: ils subissaient le parler en langues, ils ne le cherchaient pas, tout comme les disciples à la Pentecôte.
Pareillement celui qui parle en langues dans l'épître aux Corinthiens ne s’adresse pas à quelqu’un en particulier, sinon à Dieu.
2) «mais à Dieu» :
Nous avons vu que le message du «parler en langues» exprime les merveilles de Dieu au moyen de l’action de grâces, de la prière ou de la louange.
Tout comme notre louange ou nos prières adressées à Dieu, l’action de grâces exprimée par le «parler en langues» ne s’adresse pas aux hommes, mais à Dieu. Lorsque nous prions, nous nous adressons au Père, car lui seul mérite notre louange. Il est évident alors que Paul déclare que celui qui parle en langues s’adresse à Dieu, et non aux hommes.
Nous pourrions donc paraphraser 1 Corinthiens 14.2 ainsi: «Celui qui parle en langue (qui exprime son action de grâce) ne parle pas aux hommes (c’est évident), mais à Dieu».
3) «car personne ne le comprend» :
a. Autre traduction:
Comprendre [akouw]: "entendre, ayant appris, ce qui vous est dit, nouvelle, apprendre, tenir compte, exaucer, obéir, annoncer, paroles, mots, savoir, connaissance, comprendre, informer; "
Nous pourrions donc traduire par "personne ne l’entend ou ne l’écoute".
b. C’est une langue qui ne semble pas comprise :
Souvenons-nous que les disciples à la Pentecôte ont parlé en langues, mais que ce sont les Juifs pieux, alors présents, qui comprirent ce qu’ils disaient.
Pareillement, les Corinthiens, dont la langues était le grec, ne comprenaient pas ce que disait celui qui parle en langues.
Nous comprenons alors la nécessité évidente de personne pour interpréter le parler en langues.
c. Evidence de la nécessité d’un interprète :
Comme nous l’avons dit précédemment, les Juifs pieux furent les interprètes (les tout premier de l’histoire du parler en langues) des disciples lors de la Pentecôte.
A Corinthe, Paul nous dit que certaines personnes avaient ce don, ou bien, que celui qui parlait en langues pouvait posséder ce don.
L’interprète est l’ombre du parler en langues: elle le suit partout. Paul appuie tout au long du chapitre 14 de la première Epître aux Corinthiens, la nécessité d’une interprétation, autrement — et il est formel — il faut se taire (1 Corinthiens 14.28).
4. «et c’est en esprit qu’il dit des mystères».
a. C’est en esprit :
Selon le passage de 1 Corinthiens 14, dire en «esprit» c’est «prier ou chanter par l’esprit" à Dieu (v15-16), soit encore se parler à soi même (v28).
C’est une attitude audible ou silencieuse, tout comme la prière. Il ne s’agit pas d'une attitude d'extase ou de transe.
b. Il dit des mystères :
Dans le contexte, celui qui parle en langues dit des mystères. En regardant autour de lui, ses frères et soeurs étaient des corinthiens, dont la langue était le grec. Demander à un étranger de prier Dieu devant vous, et il vous semblera entendre des mystères, parce ce que vous ne le comprendrez pas.
Cependant, ce «mystère» ne l’est pas autant que nous voudrions le croire, puisque Paul dit que le parler en langues peut et doit être interprété. S’il s’agissait de mystères incompréhensibles, aucune interprétation ne serait possible. Le mystère exprimé par le parler en langues a toujours une signification: elle exprime les merveilles de Dieu.
c. Un langage barbare :
1 Corinthiens 14.9 : "De même vous, si par la langue vous ne donnez pas une parole distincte, comment saura-t-on ce que vous dites? Car vous parlerez en l’air."
1 Corinthiens 14.11 : "si donc je ne connais pas le sens de la langue, je serai un barbare pour celui qui parle, et celui qui parle sera un barbare pour moi."
Le parler en langues peut sembler mystérieux s’il n’est pas compris par l’auditeur. Celui qui parle en langue ressemble à un barbare.
Barbare [barbarov]: "celui dont le parler est rude, grossier, celui qui parle une langues étrangère ou incomprise par un autre".
C’est un peu comme si deux personnes de nationalités différentes tentaient de communiquer ensemble: ils se diraient des mystères, comme deux barbares dont le langage est incompréhensible.
F. Parler en langues pour l’édification:
1 Corinthiens 14.4-5 : "Celui qui parle en langues s’édifie lui-même; celui qui prophétise édifie l’Eglise. Je désire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous prophétisiez. Celui qui prophétise est plus grand que celui qui parle en langues, à moins que ce dernier n’interprète pour que l’Eglise en reçoive de l’édification."
1 Corinthiens 14.28 : "s’il n’y a point d’interprète, qu’on se taise dans l’Eglise, et qu’on parle à soi-même et à Dieu."
1 Corinthiens 14.12-13 : "De même vous, puisque vous aspirez aux dons spirituels, que ce soit pour l’édification de l’Eglise que vous cherchiez à en posséder abondamment. C’est pourquoi, que celui qui parle en langues prie pour avoir le don d’interpréter."
1) Le parler en langues pour une édification personnelle :
Souvenons-nous d’abord que celui qui parle en langues (sauf s’il a le don d’interprétation), ne comprend pas ce qu’il dit, tout comme les disciples à la Pentecôte.
Alors pourquoi Paul déclare qu’il s’édifie lui-même? Soit Paul est ironique, soit le fait de pouvoir parler une langue étrangère sans l’avoir apprise ni même la comprendre, peut édifier dans la foi et susciter l’admiration à l'égard de Dieu lorsqu'il nous permet de vivre des choses qui dépassent notre entendement.
2) Le parler en langues pour une édification de l’Eglise :
Le parler en langues peut devenir édifiant pour l’assemblée s’il est traduit.
«C’est pourquoi» poursuit l’explication de Paul: c’est pourquoi si vous aspirez aux dons spirituels, c’est pour l’édification de l’Eglise. Aussi cherchez à interpréter votre parler en langues pour édifier l’Eglise.
Paul poursuit en interdisant le parler en langues sans interprétation, pour la simple raison qu’il n’édifie pas l’Eglise (1 Corinthiens 14.28).
G. Un don spirituel pour l’utilité commune: alors pourquoi parler en langues seul dans sa chambre?
1 Corinthiens 12.7 : "Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune."
Jésus-Christ en montant au ciel a offert aux hommes des dons spirituels (Ephésiens 4.7-16). Ces dons sont distribués par le Saint-Esprit selon son bon plaisir avec un unique objectif: servir à l’utilité commune. Exercer un
don spirituel, c’est servir mon frère, c'est servir l'église.
Aussi, quel que soit mon don, il servira l’Eglise et ses membres, jamais ma propre personne.
Parler en langues seul dans sa chambre, c’est anéantir l’essence même du don spirituel: prier en langues seul dans sa chambre n’édifie personne, pas même celui qui le pratique seul, car il ne sert personne! Seul l'orgueil est édifié...
L’édification personnelle, dont nous avons parlé plus haut, se réalise dans l’Eglise, puisque le parler en langues à toujours un public.
H. Un don parmi beaucoup d’autres:
1 Corinthiens 14.26 : "Que faire donc, frères? Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour l’édification."
La diversité des dons est nettement visible dans le Nouveau Testament. 1 Corinthiens 12.12-31 exprime l’idée de plusieurs membres avec différents dons, chacun complémentaire. Si tous parlent en langues, c’est un peu comme si votre corps possédait 50 mains, aucune jambe, ni oeil! Si tous parlent en langues, une partie des dons ne serait pas exploitée, et l'église non seulement serait appauvrit plutôt que enrichit, mais elle pécherait contre Dieu.
Dieu a donné à chacun un don spirituel, différents complémentaire et choisi par le Saint-Esprit pour l'ensemble de la communauté. Aspirons aux dons les meilleurs, en nous souvenant que c’est après avoir souffert la croix et être remonté auprès de son Père que Jésus nous a offert ces dons merveilleux par le Saint-Esprit. Sachons les employer comme lui l désire, non pas comme nos passions parfois l'exigent!
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En résumé:
> Le parler en langues est une action de grâces exprimant oralement les merveilles de Dieu dans une langue étrangère aux Juifs, et proclamant l’accomplissement de la prophétie de jugement de Dieu à l’encontre d’Israël.
> Les langues du parler en langues sont des langues maternelles et humaines, compréhensibles, non angéliques ni extatiques.
> Le parler en langues nécessité une interprétation, sinon il n’édifie pas l’Eglise si les merveilles de Dieu ne sont pas comprises.
> L'exercice du parler en langues solitaire n'a aucune valeur, puisque les dons du Saint-Esprit sont donnés pour l'utilité commune.
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VI. Pourquoi Paul limite-t-il l’emploi du parler en langues?
A. Dieu est un Dieu d’ordre:
1 Corinthiens 14.33 : "car Dieu n’est pas un Dieu de désordre, mais de paix. Comme dans toutes les Eglises des saints"
Que ce soit par sa création, par ses comportements, Dieu est un Dieu d’ordre, qui aime la discipline.
Un culte désordonné, sans discipline, est un culte qui ne ressemble pas à Dieu, et surtout qui ne le glorifie pas.
Si tous parlent en langues dans l’assemblée, ils désobéissent au commandement de Dieu (1 Corinthiens 14.27), qui limite l’exercice du parler en langues, et n’oublions pas que désobéir à Dieu, c’est pécher!
B. Par mesure de discipline :
1 Corinthiens 14.27 : "En est-il qui parlent en langues, que deux ou trois au plus parlent, chacun à son tour, et que quelqu’un interprète"
Imaginons que plusieurs pasteurs, dont le don est la prédication, prêchent en même temps: premièrement, êtes-vous certain de pouvoir comprendre ce que chacun dit? Deuxièmement, pouvez-vous être édifié par le brouhaha de leurs prédications simultanées?
Pourquoi l’idée de plusieurs prédications simultanées nous semble inappropriée, tandis que l’idée d’un parler en langues simultané ne semble déranger personne?
N'oublions pas aussi que c'est l'Esprit qui distribue les dons à qui il veut, et qu'il déclare que tous n'ont pas le même don (1 Corinthiens 12.29-31). Aussi, parler en langues tous ensemble contredit les Ecritures: c'est un péché contre Dieu!
VII. Le parler en langues: jusqu’à quand ?
A. Analyse de 1 Corinthiens 13.8-13 :
1 Corinthiens 13.8-13 : "L’amour ne périt jamais. Les prophéties seront abolies, les langues cesseront, la connaissance sera abolie. Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel sera aboli. Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j’ai mis de côté ce qui était de l’enfant. Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu. Maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l’espérance, l’amour; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour."
1) Objectif de Paul :
Paul dans le chapitre 13 de la première épître aux Corinthiens entreprend une comparaison entre les charismes et l’amour.
Cette évaluation porte sur l’aspect temporel des dons: si les charismes disparaîtront, l’amour demeurera éternellement.
2) La durée du parler en langues :
"L’amour ne périt jamais. Les prophéties seront abolies, les langues cesseront, la connaissance sera abolie."
a. L’amour ne périt jamais :
---
Périr [ekpiptw]: "tomber, échouer, heurter, être déchu, déchoir..."
--- L’amour ne tombera pas, n’aura jamais de fin.
b. Les prophéties et la connaissance seront abolies:
--- Abolir [katargew]: "anéantir, détruire, être dégagé, réduire à néant, prendre fin, disparaître, inutilement, passager, vain, séparé".
--- La prophétie et la connaissance auront une fin marquée nettement par la venue de ce qui est parfait.
c. Les langues cesseront:
(Cesser [pauw]: "cesser, s’apaiser, achever, préserver, en avoir fini, laisser, abandonner".
--- Contrairement aux deux autres dons, les langues ne subiront pas le même traitement: elles cesseront, elles s’apaiseront, ou elles seront abandonnées. La forme du verbe signifie "s'arrêter" ou "cesser d'elles-mêmes".
3) Bilan :
"... Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie"
Paul fait un bilan: il avoue que la connaissance et la prophétie sont partielles.
Curieusement, Paul ne parle plus des langues. Donc, ce qui est partiel concerne la prophétie et la connaissance. Les langues subissent un autre traitement temporel.
Les langues ne peuvent pas être partielles, dans le sens de non-accompli. La prophétie et la connaissance au contraire, ont un but d’accomplissement, de stade de maturité.
4) Traitement :
"... mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel sera aboli."
a. Ce qui est partiel :
--- Partiel [merov] : "part, partie, un parti, partiel, territoire."
--- Le mot merov se retrouve au verset 9 (nous connaissons et prophétisons en partie), au verset 12 (aujourd'hui je connaîs en partie).
Lorsque ce qui est parfait viendra, ce qui est partiel disparaîtra.
Nous avons défini que la prophétie et la connaissance étaient partielles.
Ce qui est partiel sera aboli, c’est-à-dire, disparaîtra définitivement et subitement à l’arrivé de ce qui est parfait.
Les langues ne sont pas ici concernées.
Nous identifierons «ce qui est parfait» plus loin.
5) Première analogie - contraste entre l'enfance et l'âge adulte (immaturité et maturité) :
"... Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j’ai mis de côté ce qui était de l’enfant."
Paul fait un contraste entre l’enfant et l’adulte.
L’enfant parle, pense, raisonne comme un enfant. L’âge adulte met de côté les caractéristiques propres à l’enfance, c’est-à-dire, à l'immaturité.
L’enfance n’est pas une période qui dure toute la vie: elle est une période partielle, tout comme le sont la prophétie et la connaissance: elle sera abolie (mettre de côté est le même verbe katargew employé pour abolir).
Devenir adulte correspond à atteindre la maturité. L’enfance partielle et immature, deviendra parfaite à l’âge adulte.
Paul fait une métaphore entre ce qui est partiel et l’enfance, entre ce qui est parfait et l’adulte, entre ce qui n’est pas destiné à durer toujours et ce qui deviendra mature et parfait.
6) Deuxième analogie - image du miroir et de notre reflet:
"... Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face"
Aujourd’hui : Paul précise que la vision floue du miroir correspond à son contexte, à son époque. Il poursuit par dire qu’une autre époque arrivera - «mais alors» -, et qu'elle débutera au moment où viendra le parfait.
Le miroir : Paul poursuit par une deuxième métaphore: le miroir. Comprenons que l’utilité d’un miroir est de refléter notre personne. Un miroir obscur (ainigma - ce mot est utilisé une seule fois dans le NT - une parole obscure, énigme), est un miroir qui ne reflète pas une image correcte. C’est un reflet partiel, une image de nous-mêmes énigmatique et obscure: dans un tel miroir, nous ne pouvons pas nous voir face à face.
«Mais alors» : marque la venue de ce qui est parfait. C’est à ce moment que le miroir deviendra clair, et que notre reflet sera parfait.
"Nous verrons face à face" : Lorsque le miroir était flou, notre reflet était flou; lorsque le miroir est devenu clair, notre reflet est devenu clair. Depuis la venue de ce qui est parfait, nous pouvons nous voir face à face, tels que nous sommes réellement.
"... aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu"
Cette connaissance partielle (merov) a déjà été évoquée plus haut. Dans le cas de la métaphore du miroir, c’est la connaissance de nous même et de notre nature réelle qui est partielle: notre reflet est partiel. Je connaîtrai comme j’ai été connu: premièrement je me verrai tel que je suis (maintenant que le miroir renvoie un reflet parfait), et deuxièmement, je me verrai comme j’ai toujours été vu par Dieu, c’est-à-dire pécheur. Jacques utilise également l'image du miroir. Il l'identifie à la Parole de Dieu (Jacques 1.22-25).
1 Corinthiens 8.2-3 : "Si quelqu’un croit savoir quelque chose, il n’a pas encore connu comme il faut connaître. Mais si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de lui. "
Ce verset nous montre que «être connu de Dieu» ne signifie pas de le voir face à face: l’amour que nous lui portons nous fait connaître de lui.
7) Trois choses demeurent :
... Maintenant donc ces trois choses demeurent: la foi, l’espérance, l’amour; mais la plus grande de ces choses, c’est l’amour.
a. "Maintenant / aujourd'hui":
Maintenant [nuni] : "maintenant, présentement, encore."
Aujourd'hui [arti] : "maintenant, il y a un instant, à présent, désormais, encore, à cette heure, aujourd’hui, cette fois, récemment."
Trois choses demeurent au moment au Paul parle. Mais ce qui est partiel fait aussi partie de ce maintenant: "aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir (donc partiellement)", "aujourd'hui je connais en partie".
Au moment où Paul parle, il est dans cette époque dite "du partiel", et déclare que la foi, l'espérance et l'amour demeurent.
b. "Demeurent" :
[menw]: "demeurer, subsister, rester, s’arrêter, prolonger, attendre, loger, passer, persévérer, permanent."
L’idée est de prolonger l’état «maintenant».
Au moment où Paul écrit ce verset, il pense que la foi, l’espérance et l’amour demeureront, malgré la venue de ce qui est parfait.
L’amour, contrairement aux charismes, à la foi et à l’espérance qui disparaîtront au retour de Jésus, demeurera éternellement.
..................................................................................................................................... En résumé:
> La venue de ce qui est parfait abolira la prophétie et la connaissance.
> La venue de ce qui est parfait fera cesser les langues.
> Ce qui est partiel disparaîtra (prophétie et connaissance).
> La métaphore de l’enfance/adulte nous apprend que l’enfance (période partielle) laissera la place à un âge mature (quand ce qui est parfait viendra).
> La métaphore du miroir et du reflet démontre une connaissance partielle de nous-mêmes: à la venue de ce qui est parfait, nous pourrons voir notre reflet avec plus de précision, nous connaître comme nous avons été connu depuis toujours par Dieu.
> Ce qui demeure malgré la venue du parfait: la foi, l’espérance et l’amour.
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B. Quand cesseront les langues?
1) Point de départ de la cessation des langues:
1 Corinthiens 13.10 : "mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel sera aboli."
Le point de départ: «Quand ce qui est parfait sera venu...».
C’est la venue de ce qui est parfait qui enclenchera l’abolition de la prophétie et de la connaissance, ainsi que la cessation des langues.
Prophétie --------------------► PARFAIT ABOLIES Connaissance -------------►
Le point de départ de la cessation des langues, est aussi la venue de ce qui est parfait.
| Prophétie --------------------► | PARFAIT | ABOLIES |
| Connaissance -------------► | ||
| Langues ---------------------► | CESSERONT |
Aussi, tandis que la prophétie et la connaissance sont stoppées net à la venue du parfait, les langues diminueront progressivement jusqu’à leur disparition totale.
2) Qu’est-ce que le parfait :
Il existe plusieurs interprétation de ce que signifie "le parfait": le Canon complet des Ecritures, la maturité de l'Eglise à la fin de lère apostolique, la mort des croyants et leur présence immédiate auprès du Seigneur, l'enlèvement de l'Eglise, le retour de Christ, l'état éternel ou les événements de la fin.
Signification de "parfait": le mot vient du grec [teleiov] qui signifie "parfait, devenu parfait, homme fait, parfaitement".
Il signifie aussi "amené à sa fin, fini, accompli, manquant de rien pour être parfait, parfaire, ce qui est parfait".
Une dernière signification nous parle de "vertu et intégrité humaine consommée" et de "complètement développé, adulte, d’âge mûr".
3) Ce qui est parfait= retour de Jésus ?
Il est difficile d’accepter à la lumière de ce que nous venons de développer, d’affirmer que ce qui est parfait est le retour de Jésus.
Premièrement, parce que les langues cesseront au moment de la venue de ce qui est parfait: aussi, il faudrait imaginer que les langues cesseront après la venue de Jésus, c'est-à-dire progressivement (ce qui signifie que le parler en langues aurait encore lieu durant le Millénium!).
Deuxièmement, ce qui est" parfait" [teleiov] est employé au neutre. Le grec ne désigne pas une personne par un neutre: il s'agit donc d'une chose.
Troisièmement, l'argument concernant le miroir qui semble nous dire que nous verrons face à face Jésus-Christ lors de son retour, est anéanti par le fait que nous verrons face à face nous-mêmes, puisque c'est nous-mêmes que nous regardons dans le miroir.
Quatrièmement, les versets d'Esaïe 33.17-19 , dont le contexte est le Millénium et le règne de Jésus-Christ sur la terre après son retour (tes yeux verront le roi dans sa magnificence), semble écarter la possibilité d'un parler en langues durant cette époque. Et comme nous l'avons vu, les langues ne sont pas abolies lors de la venue du parfait, mais cesseront progressivement. Cela sous entend qu'elles existeraient encore durant les premières années du Millénium, ce qui est contradictoire avec Esaïe.
Cinquièmement, posons-nous la question: où seront les chrétiens lors du retour de Christ sur la terre? Ils sont au ciel, après l'enlèvement de l'Eglise, attendant de revenir avec Jésus sur la terre pour vivre le Millénium. Les langues cesseraient alors au ciel, puisque ceux qui parlent en langues sont des convertis?
4) Ce qui est "parfait" = Nouveau Testament ?
Pour beaucoup, la venue de ce qui est parfait est la compilation du Nouveau Testament, que l'on date habituellement au environ de l'an 100, après la mort de Jean.
La prophétie et la connaissance se retrouveront réunies dans le Nouveau Testament, et toutes les prophéties, toute la connaissance pourront être consultés dans un livre. L'ère de la révélation orale est achevée: désormais, il est possible de connaître cette révélation de Dieu au travers de la lecture de sa Parole.
La transmission orale ou par épîtres, fut une période partielle, une période précédant la compilation du Nouveau Testament. Cette transmission partielle sera donc portée à maturité au travers du Nouveau Testament.
La bible nous dit que la Parole est comme miroir: ce n’est pas la première fois que la Bible est comparée à la perfection. En Jacques 1.23-25, cette parole est comparée à un miroir dans lequel nous pouvons nous voir tel que nous avons été connus.
C’est dans le miroir de la Parole que nous réalisons comme Dieu nous a connus depuis notre enfance. En plongeant nos regards dans la loi parfaite, nous découvrons le reflet de notre personne et de notre nature réelle. C’est ce que voulait dire Paul en usant de la métaphore du miroir trouble et énigmatique.
5) Un but atteint :
Nous avons vu que c’est ce qui est partiel est ce qui sera aboli (prophétie et connaissance).
Nous avons également vu que les langues ne subissent pas le même traitement, puisqu’elles cesseront. Leur fin est donc plus difficile à prévoir, car elle est progressive, et non liée à un événement précis.
Pourtant nous savons que le but du parler en langues a été atteint il y a plusieurs siècles. En effet, nous avons compris plus haut que les langues avaient un but: annoncer le jugement des Juifs et l’intégration des croyants dans le peuple de Dieu par l’Eglise. Ce but a été atteint depuis longtemps. Pierre a été le premier juif à comprendre le plan de Dieu lorsqu’il sera envoyé auprès de Corneille. Progressivement les Juifs et les païens intégrèrent l’Eglise, tout cela aux yeux des Juifs aveuglés, mais jugés par Dieu.
L’histoire nous démontre également, que vers l’an 300, le parler en langues ne semblait plus être exercé dans les assemblées. Autrement, les pères de l’Eglise auraient certainement fait mention de sa pratique. Seulement, son but a été atteint, et donc, ce don est devenu inutile face à l’évidence de l’Eglise constituée de païens et de Juifs. Saint-Augustin (354-430) disait: "C’étaient des signes appropriés à cette époque. Ils étaient destinés à annoncer la venue du Saint-Esprit CHEZ LES HUMAINS DE TOUTES LANGUES pour démontrer que l’Evangile devait être annoncé A TOUTES LES LANGUES DE LA TERRE : Cette chose arriva pour annoncer quelque chose puis disparut".
Comme plusieurs dons, Dieu avait équipé les apôtres de facultés particulières, nécessaires aux prémices de l’Eglise, ceci afin d’appuyer le témoignage naissant de l’Evangile:
Hébreux 2.3-4 : "Comment échapperons-nous en négligeant un si grand salut? Le salut annoncé d’abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l’ont entendu, Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, et divers miracles, et par les dons du Saint-Esprit distribués selon sa volonté."
Romains 15.19 : "par la puissance des miracles et des prodiges, par la puissance de l’Esprit de Dieu; ainsi depuis Jérusalem et les pays voisins jusqu’en Illyrie, j’ai abondamment répandu l’Evangile de Christ."
2 Corinthiens 12.12 : "Les preuves de mon apostolat ont éclaté au milieu de vous par une patience à toute épreuve, par des signes, des prodiges et des miracles."
Actes 5.12 : "Beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient au milieu du peuple par les mains des apôtres. Ils se tenaient tous ensemble au portique de Salomon"
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En résumé:
> Le “parfait” qui doit venir ne peut pas être la venue de Jésus-Christ.
> Le “parfait” qui doit venir est le Nouveau Testament.
> Le but du parler en langue a été atteint.
>Certains dons spirituels étaient propre à l'époque apostolique.
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VIII. Le parler en langues: un signe du baptême du Saint-Esprit?
1 Corinthiens 12.13 : "Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul esprit."
A. Le baptême du Saint-Esprit est l’intégration du croyant dans le Corps de Christ :
Nulle part la Bible ne stipule que le parler en langues est une preuve de la conversion et de la réception du Saint-Esprit.
Tous les croyants du passé, du présent, et tous les croyants à venir ont et seront baptisés dans un seul Esprit, dès lors qu’ils ont ou accepteront Jésus-Christ comme Sauveur. Le croyant est automatiquement introduit dans le Corps de Christ.
Le but du baptême de l’Esprit est de former un seul Corps, dont Christ est la tête et le Chef.
Baptisé dans un seul Esprit: c’est un acte unique et intemporel. Il n’existe donc en aucune manière un second baptême de l’Esprit pour le croyant, puisque le but unique du baptême du Saint-Esprit est la formation du Corps de Christ.
B. Le baptême du Saint-Esprit précède l’attribution des charismes :
Lors de la Pentecôte, le Saint-Esprit s'est posé sur les disciples d'abord, puis ils se sont mis à parler en langues.
Le don des langues ne peut être en aucun cas le signe du baptême du Saint-Esprit, car ce dernier précède l’attribution des dons spirituels.
Nul ne reçoit un don, tant qu’il n’a pas été intégré dans le corps de Christ par le baptême du Saint-Esprit, au moment de sa conversion. Aussi, le croyant passe par la conversion d’abord, puis est intégré dans le Corps de Christ par le baptême du Saint-Esprit. Puis, selon l’autorité du Saint-Esprit et son bon vouloir, il lui est accordé au nouveau-né un ou plusieurs dons spirituels.
De plus, pourquoi le parler en langues serait-il le seul don attribuant le baptême du Saint-Esprit? Aucun don dans la Bible n'est supérieur aux autres : au contraire ils sont tous complémentaires selon 1 Corinthiens 12.
C. Le parler en langues n’est pas le signe de la réception du Saint-Esprit :
Ephésiens 1.13 : "En lui vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l’Evangile de votre salut, en lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis."
Seule la foi en Christ mort pour nos péchés nous permet d’être sauvés. Aussitôt sauvé, je suis intégré dans le Corps de Christ. Aussitôt sauvé, je suis scellé du Saint-Esprit.
Le sceau de l'Esprit est provoqué par la foi dans la Bonne Nouvelle, et non par le parler en langues.
D. C’est le Saint-Esprit qui distribue les dons, pas et ce n'est pas nous qui choisissons :
1 Corinthiens 12.8-11 : "En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit; à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit; à un autre, le don d’opérer des miracles; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, la diversité des langues; à un autre, l’interprétation des langues. Un seul et même Esprit opère toutes ces choses, les distribuant à chacun en particulier comme il veut."
1 Corinthiens 12.30 : "Tous ont-ils le don des miracles? Tous ont-ils le don des guérisons? Tous parlent-ils en langues? Tous interprètent-ils?"
Encore une fois nous tenons à rappeler que, si le croyant aspire «aux dons les meilleurs», c’est le Saint-Esprit et lui seul qui attribuera le ou les dons à tel ou tel croyant. A l’époque de Paul, les croyants ne semblaient pas frustré de ce qu'ils ne parlaient pas tous en langues.
Paul rappelle aux Corinthiens que tous n’ont pas les mêmes dons spirituels. Comme dans une entreprise, chacun a une tâche à accomplir dans l’Eglise, avec le ou les dons que le Saint-Esprit accorde à chacun.
Soyons reconnaissants de ce don spirituel, quel qu’il soit: il a coûté la vie à Jésus-Christ, ne l’oublions pas. Tous les dons sont excellents, à cause du prix qu’ils ont coûté! Le don est le fruit de l'amour de Jésus-Christ pour nous.
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En résumé:
> Le baptême du Saint-Esprit précède l’attribution des dons spirituels.
> Le parler en langues n’est pas le signe du baptême du Saint-Esprit.
> Tous les croyants ne possèdent pas le même don: ils sont complémentaires et variés.
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IX. "Je voudrais que tous"
1 Corinthiens 14.5 : "Je désire que vous parliez tous en langues, mais encore plus que vous prophétisiez...."
Paul semble dire que tous doivent parler en langues. Mais après une bonne analyse du verset, il ne semble pas opportun de le comprendre dans le sens où Paul donne l’ordre de rechercher ou de posséder le don du parler en langues. Il dit ailleurs: «Je voudrais que tous les hommes soient comme moi; mais chacun tient de Dieu un don particulier, l’un d’une manière, l’autre d’une autre.» (1 Corinthiens 7.7). Dans le contexte, Paul parle du don du célibat: aussi, Paul donne-t-il l’ordre à tous les croyants de rester célibataires?
De plus comme nous l’avons vu précédemment, Paul déclare que tous n’ont pas les mêmes dons spirituels (1 Corinthiens 12.30); par conséquent Paul ne se contredit pas, mais exprime simplement un souhait personnel, bien qu’il favorise largement le don de la prophétie.
X. Les expériences
A. «Dieu m’a parlé par une prophétie en langues» :
Cette expression est certainement l’argument le plus utilisé pour défendre le parler en langues. Or, il s’agit là d’une expérience personnelle, basée sur des impressions personnelles. Ajoutons encore que Paul distingue la prophétie et le parler en langues, sans jamais les confondre: une prophétie en langues n'est pas le fruit du Saint-Esprit.
Le problème également avec mes expériences, c'est qu'elles n'ont pas d'interprète objectif. Les sentiments, les impressions restent des expressions charnelles aléatoires, et différentes selon les individus. Les expériences sont authentiques, mais sont-elles véridiques, c'est-à-dire conforme à la Parole de Dieu?
A qui peut-on se fier: moi, ou la Parole de Dieu? L’expérience nous apprendra que nous ne sommes pas des êtres fiables, car notre péché nous fragilise. Cependant, la Bible n’a jamais faillit. Une doctrine chrétienne et toutes applications chrétiennes doivent donc se baser et se développer sur le fondement solide de la Parole de Dieu. Beaucoup trop de religions se sont constituées sur l’expérience: l’un a vu un ange, l’autre a entendu Dieu lui parler... Ne soyons pas nous-mêmes des personnes à l’origine d’une nouvelle religion. Soyons humbles, et sachons nous contenter de la Parole de Dieu.
B. D’autres expériences :
Le monde est rempli d’hommes et de femmes qui témoigneront sur serment qu’ils ont connu tel ou tel miracle. Lourdes est la capitale du miracle, où chaque jour beaucoup de gens font des expériences. Madame Soleil ou plusieurs autres voyants n’ont-ils pas dit juste parfois?
Pourtant la Bible nous avertit: «Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom?» (Matthieu 7.22).
L’expérience est employée par Satan, dans le but de diviser ou corrompre la Parole.
Toute expérience doit être en harmonie avec la Parole de Dieu, et toute théologie doit venir de la Bible.
C. Un exemple:
Actes 16.17 : "et se mit à nous suivre, Paul et nous. Elle criait: Ces hommes sont les serviteurs du Dieu Très-Haut, et ils vous annoncent la voie du salut."
Cette femme semble annoncer de bonnes choses, mais elle le fait sous la conduite d'un esprit malin !
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En résumé:
> Il ne faut jamais construire de théologie ou des principes bibliques sur l'expérience humaine.
> La Bible est la vérité: c'est sur elle que nous devons nous appuyer.
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XI. Pourquoi Paul a-t-il écrit 1 corinthiens 12 à 14?
A. Parler en langues : est-ce un signe de maturité spirituelle?
1 Corinthiens 1.7 : "de sorte qu'il ne vous manque aucun don, dans l'attente où vous êtes de la manifestation de notre Seigneur Jésus-Christ."
1 Corinthiens 3.1-4 : "Pour moi, frères, ce n’est pas comme à des hommes spirituels que j’ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ. Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter; et vous ne le pouvez pas même à présent, parce que vous êtes encore charnels. En effet, puisqu’il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n’êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l’homme? Quand l’un dit: Moi, je suis de Paul! et un autre: Moi, d’Apollos! n’êtes-vous pas des hommes?"
En commençant son Epître, Paul identifie les chrétiens de Corinthe: ce sont des enfants spirituels, auxquels pourtant ne manque aucun don.
Nous pouvons donc déduire que le don spirituel n’est pas un signe de maturité spirituelle, ni de «trop plein» d’Esprit. Les dons de l'Esprit sont offerts au moment de notre conversion, mais n’ont rien à voir avec la vie de sanctification du chrétien ou sa maturité spirituelle. C'est pourquoi tous les chrétiens dès leur nouvelle naissance reçoivent du Saint-Esprit un don spirituel pour le service dans l’Eglise. Puis, chacun grandira dans la sainteté selon son rythme et le plan de Dieu. Le don spirituel n’est pas un signe de maturité spirituelle.
B. Des idolâtres (contexte historique et culture religieuse) :
1 Corinthiens 12.1-3 : "Pour ce qui concerne les dons spirituels, je ne veux pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance. Vous savez que, lorsque vous étiez païens, vous vous laissiez entraîner vers les idoles muettes, selon que vous étiez conduits. C'est pourquoi je vous déclare que personne, s'il parle par l'Esprit de Dieu, ne dit: Jésus est anathème! et que personne ne peut dire: Jésus est le Seigneur! si ce n'est par le Saint-Esprit."
Paul connaît l'origine des Corinthiens et en particulier leur culture religieuse. Les Corinthiens étaient comme les autres Grecs profondément idolâtres, adorant le panthéon grec classique (Zeus, Baccus, Poséidon, Artémis...). Fervents croyants, superstitieux, faisant usage d'horoscopes et d'oracles, les Corinthiens, malgré leur caractère franchement païen, se targuaient comme les Athéniens d'être de grands philosophes, et d'avoir compris les grands mystères de la vie. Cet arrière plan culturel collait à la peau et aux habitudes du chrétien nouveaux-nés de l'église de Corinthe. C'est ce que Paul dénonce, lorsqu'il rappelle à ses auditeurs combien ils se laissaient emporter autrefois par leurs idoles (1 Corinthiens 12.2).
L'apôtre Paul introduit son discours sur les dons spirituels en énumérant le passé des Corinthiens. D'une certaine manière il veut leur faire réaliser leur fragilité passé et présente: l'inceste, les procès entre chrétiens, sont des preuves de cette immaturité spirituelle. L'idolâtrie passée, et en particulier la glossolalie des cultes païens, venait se confondre aux dons spirituels. Ce syncrétisme est toujours d'actualité dans le milieu chrétien: les habitudes de notre ancienne vie, la tentation d'imiter le monde décrivent hélas l'Eglise contemporaine.
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En résumé:
> L'épitre aux Corinthiens décrit des croyants dont la maturité spirituelle est celle d'un enfant.
> Le passé idolâtre nous fait comprendre pourquoi les Corinthiens chérissaient tant le parler en langues.
> Le danger du syncrétisme est toujours d'actualité, mais sous des formes nouvelles: soyons prudents.
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XII. Conclusion
Pour comprendre le parler en langues, il est d'abord préférable de connaître la Parole de Dieu, et de ne s'appuyer que sur elle. L'expérience a ceci d'être fragile et aléatoire, tout comme l'est l'être humain. Lorsque Paul répond aux Corinthiens, il s'adresse à des chrétiens immatures et syncrétistes, auxquels le Saint-Esprit avait accordé des dons spirituels. Paul les reprend, corrige l'exercice des dons, et établit l'ordre durant le culte.
Le parler en langues est à l'origine, un simple jugement annoncé prophétiquement par Dieu à l'encontre des Juifs: ces derniers entendront les merveilles de Dieu dans une langues qui leur est étrangère. Cette prophétie se réalisa à la Pentecôte, lors du baptême du Saint-Esprit unique et intemporel, lors de la fondation de l'Eglise. Les disciples parleront des langues qui leur étaient inconnues, et les Juifs pieux, alors présents, deviendront les premiers interprètes, mais aussi les premiers témoins du jugement de Dieu.
Le don du parler en langues se manifesta pendant environ un siècle, que ce soit dans l'église de Corinthe, ou dans d'autres églises. Ce temps sera nécessaire pour convaincre les Juifs que Dieu a intégré les païens dans le peuple de Dieu. Puis, le parler en langues cessa lorsqu'il eut atteint son but, marqué par la venue de ce qui est parfait, c'est-à-dire la Bible, dans lequel toutes les prophéties et toute la connaissance seront désormais concentrées.
Comprenons quatre choses encore:
1) Le Saint-Esprit est le seul qui prend l'initiative de distribuer les dons spirituels. Aussi, "aspirer" n'est pas synonyme "d'obtenir" ou "choisir".
2) Le Saint-Esprit n'est pas contradictoire avec lui-même: s'il déclare qu'il distribue à chacun un don différent et que tous n'ont pas le même don, il est impossible qu'il permette l'exercice simultané du parler en langues lors d'un culte.
3) Exercer un don spirituel seul dans la chambre est totalement opposé à l'essence même du don: ce dernier est toujours pour l'utilité commune. Prier seul en langues dans sa chambre, n'est pas un exercice du don spirituel selon les Ecritures.
4) Le parler en langues n'est pas le signe du baptême du Saint-Esprit. Comme nous l'avons vu, ce baptême est unique et précède l'attribution des dons. La Bible déclare que c'est par notre profession de foi, que nous sommes scellés du Saint-Esprit. Le parler en langues n'était qu'un don parmi tant d'autres, appelé à disparaître et qui a disparut.
La confusion sur le parler en langues est d'abord de "théologiser" nos expériences, puis d'établir des règles sur la base d'un seul verset (1 Corinthiens 13.1). La connaissance de la Bible dans sa totalité, permettra d'éviter au moins plusieurs de ces erreurs. Comme toutes les expériences surnaturelles, l'homme est attiré par ce qui est extraordinaire. Laissons-nous attirer par la simplicité de Christ, par ce qui est humble, ceci afin de mieux ressembler à notre divin Maître Jésus-Christ.
XIII. Dix raisons pour ne pas parler en langues:
Emmanuel FISCHER